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Attentat de Nice: les policiers qui ont fait face au camion décrivent leur intervention

Alors que le camion avait entamé sa course folle sur la promenade des Anglais, trois policiers du commissariat de Nice sont les premiers à être intervenus pour stopper le conducteur. Récit de leur intervention.

Jeudi 14 juillet, 30.000 personnes sont réunies sur la promenade des Anglais pour assister au traditionnel feu d'artifice. Les clameurs de joie vont laisser place en quelques secondes aux cris d'effroi. Un camion roule sur le trottoir de l'avenue et cherche à percuter les groupes de vacanciers et de Niçois rassemblés ce soir-là. Trois policiers vont intervenir pour stopper le conducteur. Deux d'entre eux ont porté plainte contre toute personne désignée par l'enquête comme responsable des faits rapportés.

Selon les informations de RMC, qui a pu avoir accès à une partie de la procédure, ces trois agents du commissariat de Nice, un sous-brigadier et deux gardiens de la paix, se trouvent sur le terre-plein central. Le feu d'artifice vient de s'achever, ils attendant la dispersion de la foule sur la promenade des Anglais.

Embardées volontaires

Vers 22h45, les trois policiers reçoivent un appel radio qui les informe qu'un camion a pénétré sur l'avenue et roule sur le trottoir. Immédiatement, ils vont courir en direction du véhicule, leurs armes à la main. Lors de leurs auditions, les fonctionnaires du commissariat de Nice expliquent qu'ils aperçoivent le poids-lourd au loin: selon leurs dires, le camion blanc percute les passants et réalise des embardées volontairement. Il ne fait aucun doute que le conducteur cherche à faire le maximum de victimes.

Le poids-lourd de 19 tonnes a déjà réalisé près de deux kilomètres sur la promenade des Anglais. Arrivés à hauteur du camion, les policiers aperçoivent un civil, hissé sur le marche-pied, qui essaie d'intervenir, dans un acte héroïque, pour maîtriser le conducteur. Une première détonation résonne, le véhicule s'arrête. Mohamed Lahouaiej Bouhlel vient de tirer, une version qu'avait confirmé François Molins, le procureur de la République de Paris. 

Le terroriste a continué à utiliser son arme en visant de part et d'autre de la cabine sur les policiers. En réponse, ces derniers vont ouvrir le feu à leur tour. L'un d'entre eux, un gardien de la paix qui compte neuf ans de service, dissimulé en partie derrière un palmier, raconte: "J'ai tiré pour le neutraliser, j'ai tiré jusqu'à ce qu'il ne bouge plus." A eux trois, les policiers ont tiré à 27 reprises. Le conducteur va être retrouvé mort dans la cabine du camion, côté passager.

Marion Dubreuil