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Attaque à Orly: faut-il des contrôles dans les zones publiques des aéroports?

Les contrôles dans les aéroports parisiens se font uniquement à l'intérieur.

Les contrôles dans les aéroports parisiens se font uniquement à l'intérieur. - Pierre Verdy - AFP

La création de zones de contrôle à l'extérieur de l'aéroport se pose à nouveau après l'agression d'une patrouille militaire à l'aéroport d'Orly samedi. Mais pour le PDG du groupe Aéroports de Paris, un tel dispositif ne ferait que créer de nouvelles cibles pour les terroristes.

Samedi matin, la scène s'est déroulée dans l'un des halls de l'aéroport d'Orly. L'assaillant qui avait auparavant tiré sur un policier dans le Val-d'Oise a pu, comme n'importe quel voyageur, entrer dans la zone publique avant d'agresser une patrouille militaire de l'opération Sentinelle et d'être abattu.

Une attaque qui pose la question des contrôles dès l'entrée des terminaux, même si le PDG d'Aéroports de Paris (ADP) doute de leur efficacité. Sur France Inter ce lundi, s'il assure qu'il s'agit d'une question "que tous les exploitants d'aéroports se posent", Augustin de Romanet estime que ces contrôles pourraient se révéler contre-productifs.

"Si vous fouillez à l'entrée de la zone publique, ça veut dire qu'il faut fouiller aussi à la sortie de l'ascenseur qui vient du parking (...). Vous créez de nouvelles files d'attente, vous créez des abcès de fixation qui sont des cibles extraordinaires pour les terroristes potentiels", explique-t-il. 

Une question déjà posée après l'attentat de Bruxelles

Lors de l'attentat de l'aéroport de Zaventem à Bruxelles en mars 2016, la question du renforcement de la sécurité des aéroports par le biais de ces contrôles en amont avait déjà été posée. Les terroristes étaient en effet entrés dans l'aéroport comme les autres voyageurs et avaient placé les bombes dans leurs valises. Déjà à cette époque, les autorités françaises avaient estimé par la voix de Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, que des contrôles en amont pourraient créer des "files d'attente", constituant des "cibles pour les terroristes"

L'attentat de l'aéroport d'Istanbul, trois mois seulement après celui de Bruxelles, avait d'autant plus remis en question cette sécurisation en amont. Réputé pour être l'un des plus sécurisés du monde, l'aéroport Atatürk d'Istanbul disposait en effet de contrôles de sécurité à l'entrée du bâtiment avec des portiques. Le triple attentat-suicide a pu malgré tout se produire avant le passage de cette zone sécurisée. 

Des check-points routiers?

D'autres aéroports comme celui de Ben Gourion à Tel Aviv, en Israël, ont quant à eux mis en place des check-points routiers quelques kilomètres avant l'aéroport. Un dispositif qu'est allé observer Augustin de Romanet, mais qui reste à ses yeux uniquement dissuasif. La transposition de ces contrôles routiers serait par ailleurs inadaptable aux aéroports parisiens, compte tenu de leur fréquentation.

"A Ben Gourion, il y a moins de six millions de passagers par an, à Charles-de-Gaulle, 66 millions de passagers par an et à Orly 30 millions. Lorsque nous avons fait des tests de checkpoint de police pour contrôler les voitures qui se rendaient dans nos aéroports, nous avons généré des embouteillages d'une telle ampleur que cette affaire n'est pas réalisable", ajoute le PDG d'ADP. 

Pour lui, la reconnaissance faciale grâce à des caméras installées dans les zones publiques est une option à étudier pour identifier les personnes fichées comme dangereuses.

Carole Blanchard