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Suspecté de meurtre, la justice le libère faute d'encre dans un fax

La nuit de la Saint-Sylvestre 2011, M. Elisor, un père de famille de 33 ans et DJ amateur, avait été frappé à mort. (Illustration)

La nuit de la Saint-Sylvestre 2011, M. Elisor, un père de famille de 33 ans et DJ amateur, avait été frappé à mort. (Illustration) - -

Le principal suspect dans le meurtre d'un disc-jockey battu à mort en 2011 en Seine-Saint-Denis a été libéré mercredi à cause d'un... manque d'encre dans un télécopieur. L'épouse de la victime se dit "consternée".

Les décisions judiciaires tiennent à peu de choses. Le principal suspect dans le meurtre d'un disc-jockey battu à mort en 2011 en Seine-Saint-Denis a été libéré mercredi à cause d'un manque d'encre dans un télécopieur, selon des sources concordantes jeudi.

"Il est sorti hier à 17 heures de la maison d'arrêt de Villepinte à cause d'un problème de procédure. Le parquet de Bobigny n'avait pas d'encre dans son fax et un papier n'est jamais parvenu à la chambre de l'instruction", a affirmé Bernard Benaïem, avocat de la famille de Claudy Elisor, qui s'est dit "plus qu'affigé". "Je suis consternée", indique l'épouse de la victime sur BFMTV. "Je ne comprends pas qu'on puisse libérer quelqu'un à cause d'un délai dépassé et d'une cartouche d'encre", reprend-elle.

La nuit de la Saint-Sylvestre 2011, M. Elisor, un père de famille de 33 ans et DJ amateur, avait été frappé à mort par une dizaine de personnes pour avoir refusé l'entrée d'une soirée qu'il organisait au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis.

Détenu arbitrairement?

Considéré comme le principal suspect, un homme avait été interpellé peu de temps après les faits et écroué. Une seconde personne avait été interpellée en novembre 2012 et placée en détention provisoire également.

L'avocat du principal suspect, Me Gilles-Jean Portejoie, a confirmé jeudi avoir saisi la chambre de l'instruction pour demander la libération de son client car il estimait qu'il était "détenu arbitrairement".

"Il avait fait appel de son maintien en détention et le délai pour statuer, qui est de 20 jours, était dépassé. Après plusieurs allers retours entre la chambre de l'instruction et la Cour de cassation, on nous a donné raison sur ce retard. Une enquête a déterminé que c'est un défaut d'encre dans un fax qui avait empêché l'appel de mon client d'être envoyé", a-t-il précisé.

Préparer sa défense "sereinement"

"Ma cliente et ses deux enfants attendent un procès depuis des années. Ils sont affligés, ils savent que maintenant il y a des risques de ne pas voir comparaître l'un des auteurs", a réagi Me Benaïem.

Pour Me Portejoie, "satisfait que le droit ait été appliqué", son client va désormais pouvoir "préparer sa défense sereinement". "Un homme qui se dit innocent ne se dérobe pas", a-t-il dit.

Le parquet de Bobigny a confirmé qu'un "fax défectueux a empêché la transmission de l'appel à la cour d'appel de Paris dans les délais légaux". Il n'a pas souhaité faire d'autres commentaires.

L. B. avec AFP