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Suicide de Béthune : l'enseignante avait laissé un mail

L'enseignante exerçait dans ce lycée de Béthune, où les conditions de travail étaient devenues très difficiles.

L'enseignante exerçait dans ce lycée de Béthune, où les conditions de travail étaient devenues très difficiles. - -

Une enseignante d'un lycée professionnel de Béthune, dans le Pas-de-Calais est décédée dimanche, après une tentative de suicide imputée à des conditions de travail difficiles. Cette femme de 48 ans a laissé sur son ordinateur un brouillon de courrier électronique dans lequel elle évoque sa souffrance professionnelle.

Des classes surchargées de 36 élèves en difficulté, la hantise de redevenir remplaçante, la pression hiérarchique. Dimanche, une enseignante d’un lycée professionnel est morte, suite à son suicide une semaine plus tôt à Béthune, dans le Pas-de-Calais. Ses conditions de travail semblent être à l'origine de son geste. Dans un email jamais envoyé, l'enseignante décrit, en effet, une souffrance quotidienne.

Le message retrouvé par sa famille était adressé à Michel Paillard, délégué syndical d'Action et démocratie, enseignant dans le même établissement. Pour lui, ce sont ces conditions qui ont mené Marielle Croquefer à ce geste déséspéré.

"On nous demande d’obtenir des résultats dans des conditions qui sont de plus en plus difficiles, c’est surtout ça qu’elle mettait en cause", affirme-t-il. "Quand le syndicat a communiqué sur ce drame, on a eu de nombreuses réponses de syndiqués de l’académie qui nous disaient tous connaître quelqu’un qui a failli faire la même chose", explique Michel Paillard.

Aucun représentant de l'Education nationale aux obsèques

Les élèves de Marielle Croquefer, eux, décrivent une femme parfois en difficulté. "Elle était douce, gentille, mais fragile. Elle manquait d'autorité. Des classes en profitaient", expliquent des lycéens.

Le rectorat de Lille, qui évoque une "bonne enseignante", a indiqué avoir mis en place une cellule psychologique au lycée et ouvert une enquête interne "pour essayer de comprendre ce qui s'est passé à l'intérieur du système éducatif".

Avant de mourir à l'hopital une semaine après sa tentative de suicide, la femme de 48 ans, mariée et mère d'un garçon de 14 ans, aurait indiqué une dernière volonté : qu'aucun représentant de l'Education nationale ne soit présent à ses obsèques.