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Suicide d'un infirmier à l'hôpital Pompidou: un syndicat veut que l'accident du travail soit reconnu

Après le suicide d'un infirmier ce week-end à l'hôpital Pompidou à Paris, le syndicat SUD-Santé souhaite qu'il soit reconnu comme accident du travail. Il y a un peu plus d'un an, un cardiologue s'était lui aussi suicidé dans l'établissement de santé.

Le drame a eu lieu vers 3 heures dans la nuit de dimanche à lundi. Un infirmier de 35 ans s'est suicidé en se jetant du 8e étage de l'hôpital européen Georges Pompidou, dans le 15e arrondissement de Paris.

Au lendemain du suicide de l'infirmier de 35 ans, des syndicats dénoncent d'ores et déjà les conditions de travail de plus en plus difficiles au sein de l'établissement. Ils souhaitent d'ailleurs que ce suicide soit reconnu comme un accident du travail. "En tant que syndicat SUD-Santé, nous avons demandé la reconnaissance d'un accident du travail pour que les enfants, la veuve soient aidés financièrement et que l'institution reconnaisse le lien avec le travail", explique sur BFMTV un représentant syndical SUD-Santé à l'hôpital Pompidou.

"Lorsque vous êtes infirmier, aide-soignant, vous avez un temps pour les patients et ce temps est de plus en plus diminué. Il les met en péril psychologiquement. En arriver là, c'est quand même montrer qu'il y avait une énorme souffrance", poursuit-il.

Il y a quatorze mois, le personnel de l'hôpital avait déjà été ébranlé par un autre suicide dans les locaux de l'hôpital, celui du cardiologue Jean-Louis Megnien. Le médecin s'était lui aussi défenestré à l'hôpital. A l'époque, des faits de harcèlement et d'humiliations quotidiennes avaient été dénoncés par ses proches. Cet autre drame fait également écho à cinq suicides d'infirmiers survenus cet été dans différents hôpitaux français.

"Aucune alerte n'a été détectée"

En ce qui concerne l'infirmier, aucun lien n'a pour le moment était établi entre son suicide et son travail. 

"C'est un infirmier tout à fait bien intégré dans l'équipe, un bon collègue, apprécié de son encadrement. Ce qui est dramatique, c'est qu'aucune alerte n'a pu être détectée, rien dans son comportement ne pouvait laisser penser à un tel geste", assure Gérard Cotellon, directeur des ressources humaines de l'AP-HP.

Pour que ce suicide soit reconnu accident du travail, la demande doit par ailleurs émaner de la famille, précise l'AP-HP. Une enquête a été diligentée par la direction de l'hôpital pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès. Une cellule d'écoute a également été mise en place à l'hôpital. 

C. B avec Maïmouna Barry