BFMTV

Sport : 800 morts subites chaque année sur les terrains

Le footballeur espagnol Antonio Puerta, victime d'un arrêt cardiaque sur le terrain en 2007

Le footballeur espagnol Antonio Puerta, victime d'un arrêt cardiaque sur le terrain en 2007 - -

Chaque année, 800 personnes décèdent sur les terrains de sport en France, et près de 4 de ces morts sur 5 seraient inexpliquées. Pour lutter contre ces drames, l’Académie de médecine demande des autopsies systématiques.

Marc Vivien Foé, Antonio Puerta ou encore Piermario Morosini, plusieurs grands noms du football sont tombés sur le terrain. Un phénomène qu’on croyait alors exceptionnel. En réalité, il est loin d'être rare et 800 personnes décèderaient chaque année sur les pelouses en France, soit plus de deux victimes par jour.

78% des accidents restent inexpliqués

Faute d’investigation, 78% de ces accidents restent inexpliqués. Pour lutter contre ces drames, l’Académie de médecine a donc demandé hier que chaque décès lors d’une activité sportive soit obligatoirement suivi d’une autopsie.

« Il a pris un tube de Guronsan et a fait une tachycardie »

Premier suspect, le dopage, qui touche les amateurs comme les pros. Il augmente les complications cardiaques et multiplie les risques de mort subite durant l’effort, et il concernerait 3 à 5% des sportifs amateurs de moins de 18 ans. Un phénomène qui augmenterait avec la professionnalisation : « J’ai un collègue en coupe de France qui a pris une bouteille d’eau, il a mis le tube de Guronsan, il s’est retrouvé avec une tachycardie, l’inverse de ce qu’il voulait », explique Florian, un ex-footballeur professionnel jouant en division d’honneur.

« Il faut faire des analyses toxicologiques »

Michel Rieu, conseiller à l’Agence française de lutte contre le dopage, soutient la proposition de l’Académie de médecine : « Une autopsie bien faite permet de réaliser une analyse toxicologique pour voir dans quelle mesure il y a une imprégnation médicamenteuse, ou, dans d’autres cas, une origine génétique. »
L’âge moyen des personnes victimes de morts subites est de 46 ans. 95% d’entre eux n’avaient aucun antécédent cardiovasculaire.

La rédaction, avec Martin Bodrero