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"Soulagement" ou "malaise"... Comment réagissent les prévenus condamnés pour avoir cyberharcelé Mila

Quatre à six mois de prison avec sursis ont été prononcés contre onze des treize prévenus jugés dans le procès pour le cyberharcèlement de la jeune Mila.

"Il a eu de la chance de voir sa demande acceptée." Me Arnaud Dilloard, avocat d'un des prévenus du procès Mila, a réagi sur BFMTV à la condamnation de son client à cinq mois de prison avec sursis sans que cette peine ne soit toutefois inscrite à son casier judiciaire.

"Le tribunal a souligné qu'il avait présenté des excuses sincères et il a un projet professionnel", a déclaré l'avocat, qui a pu s'entretenir avec son client peu après le prononcé de sa peine. Il a affirmé que ce dernier est "extrêmement soulagé que la peine ne soit pas plus lourde et surtout que cette inscription au casier ne soit pas prononcée."

"Le tribunal a fait œuvre de pédagogie"

"Il est soulagé aussi que tout cela se termine pour Mila", ajoute Me Arnaud Dilloard qui considère que les peines rendues par le tribunal sont justes au regard du profil des prévenus.

"Ce sont des primo-délinquants et donc on ne peut pas condamner lourdement quelqu'un qui n'a jamais été condamné auparavant", estime l'avocat. "Le tribunal a fait œuvre de pédagogie en condamnant mais pas trop fortement."

Interrogé par BFMTV, l'un des autres prévenus condamnés s'est aussi dit "soulagé" devant le prononcé de la peine: "Maintenant c'est fini, je vais pouvoir avancer, en à peine trois quatre mois j'ai eu le temps de grandir. Maintenant il faut que j'avance, je bosse, j'ai une vie. Les réseaux sociaux ça passe après".

"On leur fait porter une charge un peu trop lourde"

Me Florent Hennequin, avocat d'une prévenue condamnée à quatre mois de prison avec sursis, évoque pour sa part "une peine problématique" et "un sentiment de malaise" à la sortie de l'audience.

"Cette poignée de jeunes, ces onze jeunes sans histoire n'ont pas vocation à servir d'exemple pour faire passer un message à des milliers d'autres", a poursuivi l'avocat. "On a l'impression que ça manque d'individualisation, on a le sentiment que ces peines ne sont pas adaptées à leur profil et qu'on leur fait porter une charge un peu trop lourde pour eux."

Un appel est-il dès lors envisageable? Sa cliente, "une étudiante sans histoire et sans casier" jusque là, "a surtout envie de tourner la page", répond Me Florent Hennequin.

Quatre à six mois de prison avec sursis ont été prononcés contre onze des treize prévenus jugés dans ce procès. Ces peines sont également accompagnées d'une peine complémentaire d'un an d'inéligibilité pour ces onze condamnés. Ils sont aussi condamné à vers 1500 euros de dommages et intérêts à Mila.

Une relaxe a été prononcée par le tribunal au bénéfice du doute pour le douzième prévenu et une nullité pour le dernier pour problème de procédure.

Alexandra Gonzalez et Hugues Garnier