BFMTV

Six personnes soupçonnées d'avoir préparé une action contre Emmanuel Macron interpellées

Une enquête a été ouverte après la découverte d'un projet d'action violente contre le président de la République. Ce projet était imprécis et mal défini.

Plusieurs interpellations ont été réalisées ce mardi matin dans le cadre d'une enquête sur des menaces contre le président de la République. Selon nos informations, l'opération menée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a conduit à l'arrestation de six personnes, âgées entre 22 et 62 ans, en Isère, en Ille-et-Vilaine et en Moselle. Cette enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris du chef d'"association de malfaiteurs terroristes criminelle". Ces interpellations ont été précipitées en raison du déplacement du chef de l'Etat ce mardi dans l'est de la France.

Les investigations conduites par la DGSI visent un projet, imprécis et mal défini à ce stade de l'enquête, d'action violente contre Emmanuel Macron, précise par ailleurs une source proche de l'enquête. Ces interpellations, préventives, concernent cinq hommes et une femme connus de la mouvance d'ultra-droite. Une arme, un calibre 44 et des amorces de grenade, a été découverte chez l'un des suspects. Les enquêteurs vont maintenant devoir préciser la nature exacte de la menace et sa réalité. C'est tout l'objet des investigations qui ne font que commencer.

La menace de l'ultradroite

Il y a un an, dix personnes gravitant autour de l'extrême-droite avaient été interpellées dans les Bouches-du-Rhône et en Seine-Saint-Denis. Ils avaient projeté un attentat contre des personnalités politiques: Christophe Castaner, qui n'était pas encore ministre de l'Intérieur, et Jean-Luc Mélenchon. Ces individus étaient en lien avec Logan N., interpellé en juin 2017. Ce dernier, militant de l'ultradroite, était fiché S. Cerveau de ce projet d'attaque imprécis, il avait été repéré alors qu'il gérait la page Facebook à la gloire du terroriste Anders Breivik, qui a tué 77 personnes en Norvège en 2011.

Les services de renseignement surveillent de près les menaces de l'extrême-droite. En 2016, déjà, l'ancien patron de la DGSI Patrick Calvar, auditionné par des députés, alertait estimant que "l'ultradroite n'attend que la confrontation [avec l'islamisme radical]. (…)". Il craignait alors une "radicalisation" de la société. Lundi, lors de l'installation du nouveau directeur de la DGSI Nicolas Lerner, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est dit "attentif" aux menaces venues notamment des "mouvements extrémistes de droite comme de gauche, très actifs sur notre territoire".

Justine Chevalier, Dominique Rizet et Mélanie Bertrand