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Rennes: des tags anti-musulmans découverts sur une salle de prière, Darmanin se rend sur place

Un centre culturel musulman a été tagué, dimanche 11 avril 2021 à Rennes

Un centre culturel musulman a été tagué, dimanche 11 avril 2021 à Rennes - Parquet de Rennes

A Rennes, des inscriptions islamophobes ont été découvertes ce dimanche sur les murs du centre culturel islamique de la ville. Gérald Darmanin a annoncé sur Twitter qu'il se rendra sur place en fin de journée.

Des inscriptions islamophobes ont été découvertes ce dimanche sur les murs du centre culturel islamique Avicenne de Rennes (Ille-et-Vilaine), qui sert notamment de salle de prière à des fidèles, a appris BFMTV d'une source policière, confirmant une information de France Bleu Bretagne.

"Les nombreuses inscriptions anti-musulmanes sur les murs de la mosquée Avicenne de Rennes sont inacceptables. Toute ma solidarité avec les musulmans de notre pays", a réagi sur Twitter le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin en annonçant sa venue sur place "en fin de journée".

Une enquête flagrante a été confiée par le parquet de Rennes à la sûreté départementale sous la qualification de dégradations à raison de l’appartenance à une religion qui fait encourir une peine de 4 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, a précisé le procureur de la République de Rennes.

"Ces faits, qui portent une atteinte symbolique grave, viennent troubler l’exercice paisible du culte et des activités culturelles de ce centre", déplore dans un communiqué Philippe Astruc qui assure que "le parquet de Rennes, comme il l’avait fait pour la tentative de destruction par incendie de la cathédrale de Rennes en juin 2020, portera une attention toute particulière à l’enquête tendant à identifier et sanctionner le ou les auteurs de ces faits".

Des inscriptions découvertes à 6h

"A deux jours du mois de Ramadan, les fidèles retrouvent leur mosquée taguée avec des phrases obscènes", a déploré auprès de l'Agence France-Presse (AFP) Mohammed Zaidouni, le président du conseil régional du culte musulman. "Nous sommes les enfants de la République et nous nous retrouvons avec la haine la violence et la barbarie", a-t-il ajouté.

Les fidèles ont fait cette découverte dimanche vers 6 heures, lors de la prière du matin. "Non à l'islamisation", "Vive le Roy", "Mahomet prophète pédophile", "les croisades reprendront", "Charles Martel sauve nous", "France éternelle", "catholicisme religion d'Etat" ou "EELV=Traîtres", pouvait-on lire sur des photos postées sur les réseaux sociaux.

Des croix chrétiennes, le chrisme ou une fleur de lys ont été également tagués sur les murs du centre Avicenne.

"Les fidèles étaient choqués par de telles obscénités. C'était violent. Notre communauté musulmane est vraiment triste", a raconté Mohammed Zaidouni, tout en appelant à "rester unis".

"Il y a certains qui cherchent à semer la zizanie en France et nous sommes dans le devoir de préserver le pays. On va s'unir tout à l'heure pour que Dieu préserve notre pays, la France, car il n'y a pas pire que la discorde au sein d'un pays", a-t-il ajouté.

"Ces actes n'ont pas leur place en France"

"Des inscriptions anti-musulmans et injurieuses ont été découvertes sur les murs du centre culturel Avicenne. Ces actes n'ont pas leur place en France, ils n'ont pas leur place à Rennes. Tout mon soutien aux Rennais et particulièrement aux fidèles choqués par ces actes indignes", a twitté la maire PS de Rennes Nathalie Appéré.

Le vice-président du RN Jordan Bardella, invité de BFM Politique ce dimanche, a lui aussi "condamné" ces tags.

A Nantes, la porte d'une mosquée a été détruite par un incendie dans la nuit de jeudi à vendredi, tandis qu'un homme de 24 ans revendiquant des idées néo-nazies a été mis en examen vendredi pour avoir menacé de s'en prendre à la mosquée du Mans.

Cécile Ollivier avec Clément Boutin et AFP