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Quatre acteurs de films pornographiques mis en examen pour des viols lors de tournages

L'enquête se déroule dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris.

L'enquête se déroule dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris. - ALAIN JOCARD / AFP

INFO BFMTV - Dans le cadre de l'enquête dite "French Bukkake", quatre acteurs pornographiques ont été mis en examen pour des viols commis lors de tournages. Il s'agit d'une première en France.

Les jeunes femmes n’étaient pas consentantes pour s'adonner à ces pratiques. Selon les informations de BFMTV, quatre acteurs de films pornographiques ont été mis en examen, vendredi dernier, pour des viols commis lors de tournages. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire tandis que le quatrième a été laissé libre sous contrôle judiciaire.

La mise en examen d’acteurs pornographiques pour des faits de viols constitue une première en France. Elle découle de l’instruction menée à Paris depuis plus d’un an dans l’affaire dite "French Bukkake". Ce site internet, fermé sur réquisition judiciaire, présentait des vidéos centrées sur une pratique sexuelle mettant en scène une femme en proie à de très nombreux hommes. 

Des signalements sur les réseaux depuis 2018 

Grâce à un travail de veille mené par un groupe cyber depuis février 2020, les gendarmes de la section de recherches de Paris, chargés de l’enquête, ont pu établir que les actrices visibles sur les vidéos n’étaient en réalité pas toujours consentantes pour subir les assauts de plusieurs partenaires en même temps ou pour certaines pratiques. 

Ce n’est pas nouveau et cela interroge sur la moralisation du porno dit "amateur". Dès 2018 en effet, certains films avaient été signalés sur les réseaux sociaux. À commencer par une vidéo sur laquelle on pouvait apercevoir une jeune femme crier: "J’en peux plus" avant de pleurer et de se mettre en position fœtale sur le sol. 

Au moins une cinquantaine de victimes

En octobre 2020, quatre personnes avaient déjà été mises en examen dans ce dossier, notamment pour des faits de "viols", "traite des êtres humains" et de "proxénétisme aggravé". À l’époque, la justice avait d’abord ciblé le célèbre producteur "Pascal OP" créateur du site "French Bukkake", le réalisateur "Mat HDX" et deux autres personnes suspectées d’avoir recruté de jeunes femmes fragiles pour les besoins des films. 

La mise en examen de quatre acteurs français apparaît donc comme le deuxième étage de la fusée judiciaire qui enquête sur ces pratiques. Selon nos informations, les gendarmes de la section de recherches de Paris auraient déjà identifié au moins une cinquantaine de jeunes femmes victimes de ces faits. Deux acteurs connus dans le milieu sous les pseudos de "Tonio Love" et "Eddy Blackone" figurent parmi les dernières personnes mises en examen. 

Devant le juge d’instruction, ils auraient expliqué avoir participé aux films en pensant que le consentement des actrices avait bien été recueilli avant le début des tournages et figurait sur le contrat. Sans convaincre donc. 

Des "chartes de bonnes conduites" éditées 

Cela fait un peu plus d’un an que l’industrie pornographique est secouée par des accusations. En parallèle de l’instruction ouverte sur "French Bukkake", le parquet de Paris a en effet ouvert une enquête préliminaire pour des faits de "viols" et de "proxénétisme" visant les conditions dans lesquelles ont été tournés certains films proposés par plusieurs plateformes Internet, dont la licence Jacquie & Michel

En réaction, Jacquie & Michel et le groupe Dorcel ont publié des "chartes de bonnes conduites" en début d’année 2021 afin d’assurer des conditions de tournage dignes aux actrices. De son côté, la plateforme Pornhub a choisi de supprimer des millions de vidéos postées par des "utilisateurs non-vérifiés" après avoir été mis en cause par un article du New York Times. Celui-ci faisait état des vidéos contenant des scènes de viols, des mineurs et du revenge porn.  

Vincent Vantighem