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Procès: une "veuve noire", le fils et son ami jugés pour avoir tué le père

Les trois accusés vont être jugés devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.

Les trois accusés vont être jugés devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. - Street View

Trois personnes comparaissent ce lundi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône pour l'assassinat d'un entrepreneur: sa veuve, son fils, et un ami de ce dernier.

Roselyne Painchault ne le nie pas: cette mère de famille de 61 ans est bel et bien responsable de l'assassinat de son mari, Christophe Lejard, tué d'une balle dans la tête en 2010 à l'âge de 48 ans. Elle comparaît ce lundi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône avec son fils et un ami de ce dernier, accusés d'avoir exécuté son "contrat".

Novembre 2010. Roselyne Painchault et Christophe Lejard vivent dans un mas, à Rognonas, dans les Bouches-du-Rhône. Mais le couple, dont les relations sont exécrables depuis des années, est en instance de divorce. Le chef d'entreprise a décidé de quitter sa femme pour vivre avec une autre, dont il est amoureux. Il n'en aura pas l'occasion: quelques jours avant de quitter le domicile conjugal, le matin du 24 novembre 2010 vers 7h, il est arrêté par une barrière sur le chemin menant à son mas provençal. Il sort alors de son véhicule mais s'effondre, tué d'une balle de fusil de chasse.

Une femme cupide et manipulatrice

Rapidement, les enquêteurs démêlent l'intrigue, et privilégient la piste familiale. Selon l'accusation, Roselyne Painchault est décrite par son entourage comme une femme cupide, craignant notamment d'être lésée dans le partage du patrimoine. Elle avait chargé Arnaud Privat, son fils cadet né d'un premier mariage, de recruter quelqu'un pour éliminer son mari, contre la somme de 15.000 euros. Ce dernier aurait alors proposé la "mission" à un ami de beuveries, Christopher Munsch, qui aurait fini par accepter.

Roselyne Painchault, "une femme désemparée parce que son mari depuis 30 ans la quitte", était dans "une situation passionnelle poussée à son paroxysme", argue son avocat, Me Jean-Robert Nguyen Phung. Elle avait basculé dans "un processus obsessionnel paranoïaque" en découvrant un sac renfermant une importante somme d'argent: elle était persuadée que Christophe Lejard voulait sa mort. "Elle va tout reconnaître devant la cour, sans chercher à biaiser", assure encore l'avocat.

"Elle a embarqué deux gamins dans sa folie"

Quant au fils, Arnaud Privat, 38 ans, qui faisait l'objet d'un "harcèlement émotionnel" de la part de Roselyne Painchault, selon son avocat, Me Olivier Lantelme, "il reconnaît avoir relayé la parole folle de sa mère auprès de son ami", Christopher Munsch, 30 ans. Les deux hommes, qui habitaient dans l'Orne où ils vivaient de ferraille et de chantiers, se retrouvaient régulièrement pour consommer de l'alcool et des stupéfiants.

"Pendant plusieurs mois, ils ont ruminé tout ça et Munsch a décidé de s'en charger au nom de l'amitié. De voir la désespérance de son ami l'a décidé à devenir l'exécutant", relate l'avocat de Christopher Munsch, Me Bruno Rebstock. "La question de l'argent n'a pas été un facteur convaincant, il n'a rien d'un criminel et il ne se reconnaît pas dans cet acte", ajoute-t-il.

Me Lantelme estime pour sa part que "la responsabilité écrasante" des faits échoit à Roselyne Painchault, qui "embarque dans sa folie meurtrière deux gamins". "On n'a pas affaire à des manipulés victimes d'une femme machiavélique, ils savaient ce qu'ils faisaient", objecte Me Nguyen Phung.

Le verdict est attendu vendredi. Tous trois encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Alexandra Gonzalez avec AFP