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Procès du "dentiste de l'horreur": "Mes patients ne m'intéressaient pas"

Jacobus Van Nierop avait fui les Pays-Bas où plusieurs plaintes avaient été déposées contre lui.

Jacobus Van Nierop avait fui les Pays-Bas où plusieurs plaintes avaient été déposées contre lui. - Benoit Peyrucq - AFP

Le procès de Jacobus Van Nierop a débuté mardi devant le tribunal correctionnel de Nevers. Accusé d'avoir mutilé une centaine de ses patients, le dentiste a expliqué avoir souffert d'"une dépression après la mort de sa femme".

Caché sous une couverture à l'arrivée puis à son départ du tribunal correctionnel de Nevers, Jacobus Van Nierop, dit le "dentiste de l'horreur", est resté muet pendant la première journée de son procès. Accusé d'avoir mutilé une centaine de patients dans la Nièvre, mais aussi de les avoir escroqués, le praticien n'a pas apporté de réponses aux juges. 

"Il est complètement fuyant, il botte en touche systématiquement (…) il est manipulateur", dénonce l'une des victimes. "On connaissait le personnage on ne s’attendait pas à autre chose", se désole Nicole Martin, la présidente du collectif de patients, dénonçant des "réponses humiliantes".

Face à l'énumération des faits qui lui sont reprochés, Jacobus Van Nierop dit ne se rappeler de rien. "Mes patients ne m’intéressaient pas, explique-t-il devant la cour. Je n’avais plus d’intérêt ni pour les gens, ni pour moi. Je ne peux pas m’en souvenir." Seule explication qu'il pourra avancer: une dépression dont il aurait souffert après la mort de sa femme.

Un blâme aux Pays-Bas

Or, l'enquête montre que le dentiste avait déjà sévi dans son pays d'origine, les Pays-Bas. Comme dans la Nièvre, il avait prodigué des soins inutiles à ses patients, les avait mutilés, causés des infections mais aussi avait développé un système de double facturation, permettant un enrichissement d'envergure. 

"7.000 euros pour six soins, le tout en une séance, ça fait beaucoup pour un seul patient de 17 ans, se rappelle Niko Kerkhof, un assureur hollandais. Au début on a reçu de très grosses factures, avec de gros montants et ensuite on a reçu des plaintes sur son comportement et sur son travail." Acculé par les poursuites, il déménage trois fois dans le pays. Puis les autorités médicales hollandaises lui infligent un blâme. 

Des documents certifiés sur l'honneur

Fuyant les Pays-Bas, en 2008 il vient s'installer près de Château-Chinon, dans la Nièvre. Il est accueilli les bras ouverts par les habitants de ce désert médical. Du point de vue des autorités sanitaires, rien n'empêche le dentiste d'exercer. Ce dernier certifie sur l'honneur ne faire l'objet d'aucune poursuite. "Nous n'avons eu aucun doute puisque tous les documents étaient certifiés conformes par la traductrice assermentée qui nous a validé les documents", détaille Elisabeth Gaillard du conseil de l’ordre des chirurgiens dentistes de la Nièvre.

Rattrapé par la presse hollandaise, Jacobus van Nierop répond seulement qu'il sait "qu'il y a des plaintes et elles vont être étudiées". Pendant ce temps, il vit de manière luxueuse. Lorsqu'elle passait devant sa maison, Nicole Martin se disait: "mes 900 euros sont dans la piscine". Elle se dit désormais que "sur son siège, on était une simple carte bancaire".

Retrouvez le document "Grand Angle BFMTV" du mardi 9 mars 2016:

J.C. avec P. Revenaz, C. Danré, F. Babin