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Policiers "ripoux" de la BAC: le principal prévenu condamné à 8 ans de prison

Des CRS procèdent à des contrôles dans le 18e arrondissement de Paris, en octobre 1999, lors d'une opération de lutte contre les trafics de stupéfiants (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Des CRS procèdent à des contrôles dans le 18e arrondissement de Paris, en octobre 1999, lors d'une opération de lutte contre les trafics de stupéfiants (PHOTO D'ILLUSTRATION). - JOEL ROBINE / AFP

Les six policiers étaient jugés depuis le 3 février par le tribunal correctionnel de Paris pour corruption et trafic de drogue. Ils ont été reconnus coupables d'avoir commis des arrestations frauduleuses, rackettés des dealers ou encore d'avoir rédigé des procès-verbaux fallacieux.

"Vous avez agi comme un trafiquant de stupéfiants. Et vous vous êtes enrichi, vous le policier de la bac, devenu banquier et porteur de valises." Les mots de la présidente du tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de Karim Mamèche, alias Bylka, sont durs à la lecture du jugement concernant cet ancien policier, condamné ce lundi à huit ans de prison ferme.

Comme cinq autres policiers, qui étaient affectés à la Brigade anti-criminalité du 18e arrondissement de Paris, Karim Mamèche a été reconnu coupable d'avoir racketté des dealers, falsifié des procédures ou violenté des suspects dans le cadre de ses fonctions.

Celui qui est considéré comme le principal protagoniste de cette affaire est également exclu définitivement de la police. Chef informel de ce groupe de la BAC, il a fait souscrire une "assurance" aux dealers, une protection pour les laisser travailler en échange d'une rémunération. Il est également reconnu coupable d'avoir piégé un trafiquant lors d'une interpellation fabriquée.

Un appel annoncé

Cette peine est conforme aux réquisitions du parquet. La procureure avait réclamé huit ans de prison à l'encontre de cet homme de 47 ans. "Il est passé de l'autre côté depuis longtemps, trop longtemps", avait lancé la représentante du ministère public. "Il est blanchisseur, dealer, voleur, faussaire, corrompu, l'homme de ses affaires, mais certainement pas policier." Il a interdiction de porter une arme pendant cinq ans.

Tout au long du procès, le prévenu a rejeté les accusations, affirmant avoir usé de méthodes policières pour avoir des informations, connues de sa hiérarchie.

"Ce jugement ne reposait que sur des affirmations, je n’ai pas vu de démonstration ni même de nuances. Cela reposait sur les affirmations d’un co-accusé, jamais je n’ai vu même dans les temps les plus anciens qu’on condamne sur cette base-là, il faut croire que cela se fait au tribunal de Paris", s'est insurgé son avocat Me Patrick Maisonneuve, annonçant son intention de faire appel.

Cinq autres policiers condamnés

Les cinq autres policiers qui comparaissaient à ses côtés ont été condamnés à des peines allant de 12 mois de prison avec sursis à 2 ans, dont un an ferme. Aaron B., 39 ans, considéré comme l'adjoint de Karim Mamèche, a été condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour faux et vol par personne dépositaire de l'autorité publique avec, là aussi. Lui aussi va faire appel de sa condamnation. Tous ont écopé d'une interdiction définitive d'exercer.

Âgés de 29 à 33 ans, ces policiers ont été condamnés pour une interpellation d'avril 2019, certains pour avoir frappé un suspect dans la voiture de la BAC, d'autres pour avoir "habillé" la procédure en faisant croire que l'homme avait du crack et un couteau sur lui - en réalité confisqués à un autre la veille. 

Deux derniers prévenus, des indics de "Bylka", ont été condamnés à 5 ans de prison ainsi que 30.000 euros d'amende, et à un an de prison. Le premier, âgé de 57 ans, a été reconnu coupable de corruption active et trafic de stupéfiants, le deuxième, âgé 53 ans, de cette seconde infraction seulement.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier avec AFP Journaliste police-justice BFMTV