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Policier accusé d'avoir jeté un pavé le 1er mai: 3 mois de prison requis, décision le 19 décembre

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Photo d'illustration - Martin Bureau / AFP

Le premier policier jugé à Paris pour "violences volontaires", commises lors d'une manifestation des gilets jaunes le 1er mai, risque trois mois de prison.

Le parquet a requis ce jeudi trois mois de prison avec sursis à l'encontre du premier policier jugé à Paris pour des "violences volontaires" commises en marge du mouvement des "gilets jaunes". Ce CRS a comparu "pour violences volontaires de la part d'une personne dépositaire de l'autorité publique" après avoir lancé un pavé en direction de manifestants lors de la mobilisation du 1er mai, dans le XIIIe arrondissement de la capitale.

"Je ne veux pas en faire un exemple", a indiqué la procureure dès le début de son réquisitoire car "ce n'est pas le procès de la police". Elle a insisté sur sa compréhension de la difficulté de la situation dans laquelle se trouvait le CRS, mais a rajouté que ce lancer de pavé aurait pu faire une victime et relevait d'une violence illégitime, selon nos informations. 

La décision sera rendue le 19 décembre

"Nous le savons, notre décision sera scrutée, elle est d’ores et déjà critiquée alors qu’elle n’est pas encore rendue. Je souhaite nous donner le temps de la réflexion. Elle sera rendue le 19 décembre prochain", a dit le président. 

Pendant l'audience, il a visionné et analysé plusieurs vidéos, dont celle du jet du pavé, mais aussi des vidéos montrant le contexte précédant ce geste. Selon nos informations, le CRS explique avoir été choqué quand il a vu son capitaine tomber à terre après avoir reçu un pavé sur le visage et avoir "basculé dans la peur" à ce moment-là. Son chef de section a été gravement blessé par le pavé. Emu et le visage fermé, le brigadier, 44 ans dont vingt dans la police, a évoqué "un geste de peur" et "absolument pas" de colère.

"Notre capitaine était sérieusement blessé, c'est notre boss, donc on s'inquiète pour lui, en plus ça bouge de partout", a ajouté le policier, dont l'avocat a plaidé la relaxe. Alors, "par réflexe", le fonctionnaire dit avoir renvoyé "ce pavé pour avoir une distance de sécurité", affirmant qu'il se "sentait agressé" par les manifestants. Mais, "je ne voulais blesser personne", a-t-il rajouté, en soulignant avoir lancé le projectile "dans une zone neutre".

Alexandra Gonzalez, avec J. G. et AFP