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Photos volées de Jennifer Lawrence nue: "Bigard Magazine" visé par une enquête pénale

Jean-Marie Bigard, le 6 mai 2014

Jean-Marie Bigard, le 6 mai 2014 - Joel Saget - AFP

INFO BFMTV – Le magazine au nom de l'humoriste avait publié cinq photos volées de Jennifer Lawrence dénudées, issues du piratage de son téléphone portable en 2014. Après une condamnation au civil, une enquête est ouverte au pénal.

Au cinéma comme dans les tribunaux, il y a souvent des suites après un premier épisode très regardé. Déjà condamné au civil, le 7 octobre, à verser 20.000 euros à l’actrice Jennifer Lawrence pour avoir publié des photos volées d’elle, Bigard Magazine est également au cœur d’une enquête pénale pour "atteinte à l’intimité de la vie privée".

Le parquet de Créteil (Val-de-Marne) a confirmé à BFMTV avoir ouvert cette enquête préliminaire à la fin de l’été après avoir reçu une plainte au pénal de l’actrice rendue célèbre pour son rôle dans la série de films Hunger Games.

Des photos issues d'un piratage

En juillet, sur les réseaux sociaux, Jean-Marie Bigard, éphémère candidat à l’élection présidentielle de 2022, annonçait fièrement la parution d’un magazine portant son nom.

"Mes amis, achetez le magazine Bigard qui est dans tous les kiosques. C’est 200 blagues pour l’été, pour rigoler sur la plage avec des belles filles", disait-il alors.

De fait, ce hors-série du bimestriel érotique King proposait, en pages intérieures, cinq photos volées de Jennifer Lawrence dénudées, issues du piratage de son téléphone portable en 2014.

En octobre, un juge des référés du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) avait condamné la publication à 20.000 euros d’amende. "Le seul élément de minoration du préjudice tient à la modeste diffusion du magazine en cause dont les ventes se sont élevées à 2561 exemplaires au 1er septembre 2021", indiquait à ce sujet le magistrat dans son ordonnance. Alors que la publication avait été tirée à 40.000 exemplaires…

"Mon traumatisme existera pour toujours"

Jennifer Lawrence ne s’est donc pas contentée de cette première procédure au civil. Selon nos informations, en parallèle, elle a déposé une plainte devant le parquet de Créteil, compétent au motif que la société Medialyd, qui a édité Bigard Magazine, est basée à Vincennes.

"C’est de l’acharnement", réagit Frédéric Joachim, l’avocat de l’entreprise de presse. "Le principe, c’est de choisir la voie civile ou pénale mais pas les deux! Mais cette jeune femme a bâti sa notoriété sur le fait de poser nue. C’est une starlette assoiffée de gloire!"

Aujourd’hui âgée de 31 ans, Jennifer Lawrence est revenue sur le vol de ses photos dans les colonnes du numéro de décembre du Vanity Fair américain dont elle fait la couverture.

"Quelqu’un en France vient de les publier. Mon traumatisme existera pour toujours", a-t-elle lâché à ce propos.

"Ce n’est pas le journal d’un prix Nobel…"

En 2014, c’est un hacker américain qui avait piraté ses données avant de diffuser les clichés à une très large échelle. Ce dont Emmanuel Ludot, l’avocat de Jean-Marie Bigard, compte bien se servir. "Ces photos sont partout. En trois clics, vous les trouvez. Bigard Magazine n’a fait que les chopper sur Internet. Il faut arrêter avec ça…"

Affublé du titre de rédacteur en chef pour l’occasion, son client est concerné par la procédure, notamment pour avoir fait la promotion du magazine. "C’est l’esprit Bigard. C’est sûr, ce n’est pas le journal d’un prix Nobel...", plaide encore son avocat.

Ce dernier ne compte pas en rester là. Persuadé que Jennifer Lawrence n’a plus les droits sur les photos volées, il envisage de déposer une plainte aux États-Unis pour "tentative d’escroquerie".

"L’affaire a déjà été jugée. Je ne vois pas pourquoi cette actrice réclame encore des comptes aujourd’hui", précise-t-il.

Selon nos informations, la plainte déposée par l’actrice comporte en effet une quinzaine de pages d’annexes reprenant toute l’histoire du vol des photos et les multiples condamnations qui ont découlé, notamment de l’autre côté de l’Atlantique.

De son côté, Frédéric Joachim a indiqué à BFMTV avoir écrit au parquet pour que le patron de la société de presse Medialyd soit rapidement entendu dans cette affaire. "Afin qu’il puisse tourner la page", dit-il.

Vincent Vantighem