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Philippe Courroye muté de force au parquet général de Paris

Philippe Courroye.

Philippe Courroye. - -

Philippe Courroye, magistrat emblématique de l'ère Sarkozy, a été nommé de force au parquet général de Paris par la nouvelle majorité socialiste, qui a annoncé vendredi sa nomination dans le Journal officiel.

Le procureur de Nanterre Philippe Courroye a été nommé avocat général à la cour d'appel de Paris par un décret officialisant la mutation imposée au magistrat par la Chancellerie et publié vendredi au Journal officiel. Cette nomination est faite « dans l'intérêt du service », précise ce décret du Président de la République daté de jeudi.
Le procureur très décrié a annoncé, dès le lancement de la procédure, son intention d'attaquer devant le Conseil d'Etat ce déplacement qu'il assimile à une sanction disciplinaire aux motivations politiques. Mais son éventuel recours n'ajournera pas sa mutation. Dans un entretien au Figaro publié la semaine dernière, Philippe Courroye a nié tous les griefs portés contre lui et s'est dit victime d'une « chasse à l'homme » et d'un « lynchage » qui serait dus à sa trop grande indépendance d'esprit.

Mis en cause depuis de nombreux mois

Philippe Courroye, 53 ans, ancien juge d'instruction, était mis en cause depuis de nombreux mois pour sa proximité supposée avec Nicolas Sarkozy, sa gestion de l'affaire Bettencourt avant qu'elle ne soit dépaysée à Bordeaux et les tensions qu'elle a générées dans la juridiction, en particulier avec la juge Isabelle Prévost-Desprez.
Selon les avocats du magistrat, la Chancellerie a justifié sa mutation par plusieurs événements : les procédures pénales et disciplinaires engagées contre lui dans le volet des "fadettes" de l'affaire Bettencourt, où il est accusé par Le Monde d'avoir tenté de découvrir les sources de deux journalistes; une motion votée par le CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, ndlr) du tribunal de Nanterre à la suite du suicide d'un substitut du parquet, même si aucun lien entre ce geste et ses conditions de travail n'a été établi.
Officiellement, le ministère assure vouloir « donner un peu plus de sérénité à une juridiction qui a connu des difficultés depuis quelques mois » et « restaurer un bon déroulement du service et de l'institution judiciaire ».

La Rédaction, avec agences