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Paris: 2 blessés dans une attaque à l'arme blanche à proximité des anciens locaux de "Charlie Hebdo"

Des pompiers interviennent après une attaque à l'arme blanche près des anciens locaux de Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020

Des pompiers interviennent après une attaque à l'arme blanche près des anciens locaux de Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020 - Alain Jocard - AFP

Une attaque a eu lieu dans la rue des anciens locaux de Charlie Hebdo dans le XIe arrondissement de Paris.

Deux personnes ont été blessées vendredi vers 11h15 lors d'une attaque à l'arme blanche, à la machette, à proximité des anciens locaux de Charlie Hebdo, rue Nicolas Appert dans le XIe arrondissement de Paris. Un suspect a été interpellé peu de temps après les faits dans le secteur de Bastille.

Un témoin, contacté par BFMTV, explique que l'une des victimes est une femme qui fumait une cigarette dans la rue. Après avoir été agressée, elle s'est réfugiée dans des bureaux où les salariés lui sont venus en aide. Elle perdait beaucoup de sang, selon ce témoignage. Les autorités ont annoncé un premier bilan évoquant deux personnes en urgence absolue, leur état s'est depuis amélioré.

> Les blessés travaillent dans une agence de presse

Deux des blessés sont des salariés de l'agence de presse Premières lignes. Il s'agit de deux chargés de production qui travaillent dans cette agence qui occupe un étage de l'immeuble des anciens locaux de Charlie Hebdo. Pour l'heure, rien ne dit que l'agence était ciblée par l'auteur de l'attaque.

Les deux blessés ont été pris en charge à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et à l'hôpital Georges Pompidou.

Les locaux de Premières lignes occupaient déjà ces locaux rue Nicolas Appert lorsque la rédaction de Charlie Hebdo, qui se trouvait sur le même pallier au 2e étage de l'immeuble, a été prise pour cible par les frères Kouachi.

> Deux personnes interpellées

Un suspect a été interpellé peu après les faits sur les marches de l'opéra de Bastille. Il correspond au signalement fait par les victimes et les témoins. Cette homme qui se dit pakistanais et âgé de 18 ans, avait du sang sur le visage. Il est connu pour des faits de droit commun, notamment du port d'armes, mais pas pour radicalisation. Il a été confondu par les témoignages et les images de vidéosurveillance.

Lors d'une courte prise de parole, le procureur du parquet antiterroriste a annoncé que "l'auteur principal" des faits a été arrêté. Ce dernier a depuis reconnu les faits.

Une autre personne, née en 1987, a été arrêtée dans le métro à la station Richard Lenoir par la brigade des réseaux ferrés. Les policiers tentent d'établir les liens qui l'unissent à l'auteur présumé de l'attaque.

Une machette a également été saisi par les policiers dans une rue.

> Important dispositif de police

Un important dispositif de sécurité a été déployé. L'unité d'élite, la BRI, brigade de recherche et d'intervention, est mobilisée. Des vérifications sont toujours en cours, notamment pour s'assurer qu'il n'y a pas eu d'autres victimes dans les immeubles et les rues adjacentes. Les autorités appellent à éviter le secteur.

Le périmètre a été élargi après la découverte d'un colis suspect. Le laboratoire de la préfecture de police de Paris est également sur place. Après vérification, le doute a été levé.

> Le parquet antiterroriste saisi

Le parquet national antiterroriste a été saisi de l'enquête sur l'attaque. La saisie du PNAT permet notamment de que la garde à vue des suspects dure jusqu'à six jours.

Les investigations vont être menées par la direction régionale de la police judiciaire et la Direction générale de la sécurité intérieure. L'enquête a été ouverte pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

> Des écoles confinées

La mairie du XIe arrondissement a décidé de boucler les écoles, crèches et résidences pour personnes âgées dans l'attente que le suspect soit appréhendé. La mairie précise que les personnes qui se trouvent dans ces établissements sont en sécurité et qu'il n'est pas nécessaire de se déplacer. Des écoles ont été confinées dans le XIe arrondissement, d'autres l'ont été dans le IIIe et le IVe arrondissement de la capitale.

Sept lycées et deux collèges sont également bouclés.

> Une cellule de crise à Beauvau

Le ministre de l'Intérieur, en déplacement à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, est rentré en urgence à Beauvau. Une cellule de crise a été ouverte. Le Premier ministre Jean Castex se rend au centre de crise. Le président de la République suit la situation de près depuis l’Elysée.

Justine Chevalier avec Sarah-Lou Cohen