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Police-Justice

Ouverture du procès du "groupe de Tarnac" à Paris

Palais de justice de Paris (photo d'illustration)

Palais de justice de Paris (photo d'illustration) - AFP

Le procès des huit membres du "groupe de Tarnac" s'ouvre ce mardi à Paris. Les prévenus sont arrivés au tribunal en portant les masques de Julien Coupat sur le visage.

Le procès de huit militants libertaires du "groupe de Tarnac", poursuivis notamment pour la dégradation d'une ligne SNCF dix ans après avoir été mis en cause pour terrorisme, une qualification abandonnée, s'est ouvert ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Parmi les prévenus figurent Julien Coupat, 43 ans, présenté comme le théoricien du groupe, son ex-compagne Yldune Lévy, 34 ans, Elsa Hauck, 33 ans, et Bertrand Deveaud, 31 ans. Ils sont poursuivis pour "association de malfaiteurs". Les quatre autres prévenus doivent répondre de délits mineurs comme le recel de documents volés ou le refus de se soumettre à un prélèvement biologique.

"L'insurrection qui vient"

A l'ouverture du procès, la présidente, Corinne Goetzmann, a appelé à la barre les huit prévenus pour énumérer les charges retenues à leur encontre.

Julien Coupat, petites lunettes rondes, tempes grisonnantes, vêtu d'un jean et d'un pull bleus, a écouté la magistrate le sourire aux lèvres en levant ostensiblement les yeux vers le ciel.

La justice leur reproche d'avoir, sur le fondement d'une idéologie développée dans un livre qui leur est attribué (L'insurrection qui vient), participé au sabotage d'une ligne SNCF à Dhuisy (région parisienne) et organisé des actions violentes contre des intérêts de l'État, notamment le 3 novembre 2008 lors d'une manifestation à Vichy (centre).

La défense dénonce une instrumentalisation du dossier par le politique et les méthodes des services antiterroristes.

L'autopsie d'un fiasco

"Cela fait 10 ans que l'accusation fait tout pour que ce procès n'ait pas lieu. Ca va être l'autopsie d'un fiasco. L'ensemble des magistrats instructeurs n'ont eu pour seul objectif que de couvrir les manipulations de la police", a déclaré à la presse Jérémie Assous, avocat de Julien Coupat, avant l'ouverture du procès.

"Nous contestons la totalité des éléments, parce qu'il n'y a aucun élément matériel tangible dans ce dossier, mais en plus parce que les procédures et les règles légales ont été tordues dans tous les sens", a abondé Me Jean-Christophe Tymoczko, avocat de Yldune Lévy.

Devant la salle d'audience, le public qui n'a pas pu entrer manifestait son impatience en scandant "tout le monde déteste les petites salles" et "il y a de la place".

M. F. avec AFP