BFMTV

"On veut nous empêcher de travailler": contre les mesures de Castaner, des policiers déposent leurs menottes devant les commissariats

Un syndicat de police appelle "tous les policiers de France" à déposer leurs menottes devant les commissariats ce jeudi soir à 18 heures afin de protester contre les mesures présentées par Christophe Castaner. Lundi, le ministre de l'Intérieur avait dévoilé un plan de lutte contre le racisme et les brutalités policières.

Le secrétaire général de l'Unité SGP Police FO, appelle "tous les policiers français à se rassembler" ce jeudi soir à 18 heures "devant les commissariats" pour "déposer à terre, de façon symbolique, leurs menottes". Un geste symbolique déjà appliqué ce mercredi mais aussi ce jeudi après-midi par des policiers en colère à Nice ou encore Toulouse.

"Aujourd'hui, on veut nous empêcher de travailler", déplore à notre micro Yves Lefebvre ce jeudi après-midi. "M. Castaner semble nous avoir entendu mais pas encore nous avoir écouté, donc je reste sur le rapport de force", explique-t-il encore, en réactions aux annonces présentées lundi dernier par le ministre de l'Intérieur.

Contre la suppression de la clé d'étranglement

Le secrétaire général du syndicat, Yves Lefebvre, a demandé au ministre de l'Intérieur de revenir sur sa décision d'interdire la technique dite de la clé d'étranglement ou contrôle de tête. 

Il a aussi demandé que le pistolet à impulsion électrique (PIE) ne soit pas généralisé comme alternative à la suppression de la technique d'interpellation controversée dite du contrôle de tête. Il a souhaité que les nouveaux modèles de cette arme dite de force intermédiaire soient expérimentés sur deux ou trois départements avant un retour d'expérience.

En plein contexte de lutte contre le racisme et les violences policières depuis la mort de George Floyd, le ministre de l'Intérieur a prôné une "tolérance zéro" pour le racisme dans les forces de l'ordre lundi dernier, dont la suspension sera "systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré" en la matière.

"Castaner a perdu la confiance des policiers"

Une notion de "soupçon avéré" qui ne passe pas auprès des troupes, qui l'assimilent à de la présomption de culpabilité.

"En attendant que Christophe Castaner nous redonne les moyens de travailler, moi je suis dans l'action", a ajouté Yves Lefebvre. "Ce qu'on a vécu depuis lundi est inacceptable. On bafoue des policiers qui sont de plus en plus nombreux à être agressés, de plus en plus nombreux à être blessés. On fait de faux procès, et ça sous couvert de la vox populi pour satisfaire quelques collectifs qui ne représentent qu'eux-mêmes".

En attendant, le lien entre les policiers et leur ministre de tutelle semble passablement endomagé.

"Les policiers se sentent aujourd'hui lâchés", a encore vitupéré le syndicaliste. "Si Christophe Castaner veut regagner la confiance de ses policiers, des policiers Républicains français, il a du travail, il a du pain sur la planche".

Mercredi, environ 70 policiers avaient spontanément déposé leurs menottes sur le sol de la place Masséna à Nice en guise de protestation contre les annonces de Christophe Castaner, comme le rapportait Le Figaro.

Les deux autres syndicats de gardiens de la paix, Alliance et Unsa-Police, doivent également être reçus dans la journée, place Beauvau, par le ministre de l'Intérieur. Celui-ci s'entretiendra vendredi avec les syndicats d'officiers et de commissaires.

Jeanne Bulant