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"On ne méritait pas ça": la mère de Lilibelle, tuée à 14 ans lors d'une rixe, témoigne

La collégienne a reçu un coup de couteau lors d'une rixe survenue à Saint-Chéron, en Essonne.

Deux adolescents sont morts en Essonne depuis le mois de janvier au cours de deux rixes. Parmi ces deux victimes se trouvait Lilibelle, 14 ans, tuée à Saint-Chéron par un jeune homme de 16 ans, venu de Dourdan.

Les faits se sont produits le 22 février. Ce jour-là, la collégienne quitte son domicile en début d'après-midi.

"Elle est passée devant chez moi. Elle est partie rejoindre des amis. Ils ont entendu du bruit, ont commencé à regarder, à sortir. Les jeunes de Dourdan ont commencé à la menacer, menacer les autres", affirme Mélanie, proche de la famille, sur BFMTV.

Une rixe éclate. Lilibelle reçoit un coup de couteau en s'interposant. L'adolescente, transportée en urgence absolue à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, meurt quelques heures plus tard.

Elle a "donné sa vie à ses camarades"

Selon sa mère, Betty Galazzo, Lilibelle envisageait de partir au Sénégal pour faire de l'humanitaire. À son sujet, la quinquagénaire évoque une "voyageuse".

"Elle a été voir Cannes, Nice, Toulouse. Elle m'a sortie de Saint-Chéron ma fille. Elle aimait bien voir si l'herbe était plus verte ailleurs, c'était mon petit bonheur", confie-t-elle sur BFMTV.

Elle affirme que sa fille n'appartenait à aucune bande et estime qu'elle a "donné sa vie à ses camarades". "On ne méritait pas ça", s'émeut-elle.

"Depuis des années, Dourdan, Saint-Chéron, jouent au foot, se taquinent, pour faire leurs petits crâneurs devant les filles. Ce n'est pas une rivalité pour tuer", poursuit Betty Galazzo. "Je pense qu'en prison (l'agresseur) est en isolement, je ne pense pas qu'il a gagné de la valeur d'avoir planté une gamine de 14 ans."

Une marche blanche à venir

"Je souhaite vraiment faire une association qui s'appellera 'Lilibelle' et pour toutes les mamans qui sont derrière moi jusqu'à l'année prochaine, on va crier notre souffrance, pour qu'on dise à monsieur le président que c'est pas le Covid qui tue nos enfants, c'est le peu d'espoir qu'ils peuvent avoir pour demain", estime Betty Galazzo.

La femme de 54 ans, qui a perdu son mari, atteint d'un cancer du poumon, après la mort de sa fille, souhaite organiser une marche blanche samedi prochain à Saint-Chéron. Elle appelle "toutes les mamans qui ont perdu leur enfant" dans des circonstances similaires à se tenir auprès d'elle.

Matthias Tesson avec Clarisse Martin