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"On a trompé la mort à ce moment-là": l'autre héros de l'attaque du Thalys témoigne

Christopher Norman est l'un des six hommes à avoir maitrîsé Ayoub El Khazzani qui venait de sortir des toilettes armé à bord d'un Thalys le 21 août 2015. Il doit témoigner ce jeudi lors du procès.

Cinq ans après avoir aidé à déjouer l'attentat dans le Thalys, Christopher Norman est toujours sur le qui-vive au moment de prendre les transports. "Je regarde de près tout le monde qui monte dans un train ou un avion", explique-t-il à BFMTV.

Ce jeudi, ce Britannique est venu d'Avignon, où il habite avec sa femme depuis de nombreuses années, pour assister au procès d'Ayoub El Khazzani devant la cour d'assises spéciale à Paris. Accompagné de son avocat, il doit être entendu comme témoin.

Il a neutralisé le pistolet de l'assaillant

Ce 21 août 2015, Christopher Norman a été l'un des six héros qui ont permis d'empêcher cette attaque, au moment où Ayoub El Khazzani venait de sortir des toilettes du Thalys lourdement armé.

Alors que les trois soldats américains présents dans le train -dont l'histoire a été portée à l'écran par le réalisateur Clint Eastwodd- ceinturaient l'assaillant, lui, se servant de ses années de rugby pour prendre l'ascendant, a neutralisé le pistolet que l'agresseur avait réussi à garder.

"S'il y avait une chose que je ne voulais pas, c'est qu'il puisse prendre son arme de poing", confie cinq ans après le Britannique. "Je lui ai pris son bras droit et je lui ai mis derrière le dos".

En quête d'explications

Son sang froid et celui des cinq autres Américains face à ce terroriste a permis de sauver des centaines de voyageurs. "Quand j'ai entendu ce qui s'est passé au Bataclan (trois mois après cette attaque déjouée, ndlr), je me suis dit qu'on l'avait échappé belle. On a trompé la mort à ce moment-là", réalise Christopher Norman.

Ce jeudi, c'est la première fois qu'il revoit Ayoub El Khazzani. Il dit espérer savoir ce qui a motivé son geste. "Est-ce qu'il avait quelque chose de construit ou est-il tombé dans un réseau d'influence?", s'interroge le héros. Le procès doit durer jusqu'au 17 décembre.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions