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Oise: un chasseur abat un cerf réfugié dans une propriété privée

Un cerf a été abattu par un chasseur alors qu'il s'était réfugié sur une propriété privée.

Un cerf a été abattu par un chasseur alors qu'il s'était réfugié sur une propriété privée. - PxHere

Un cerf a été abattu par un chasseur après s’être réfugié dans une propriété privée. La mort de l’animal a ému les badauds qui se trouvaient sur place et a déclenché une vive polémique.

Le chasseur a beau affirmer avoir agi en toute légalité, la mort de ce cerf ne passe pas auprès des habitants et des militants anti-chasse à courre.

Samedi après-midi, à Lacroix-Saint-Ouen (Oise), un cerf a été abattu dans une propriété privée. L’animal, traqué par l’équipage de la Futaie des amis, y avait trouvé refuge raconte Le Courrier Picard.

Les chasseurs tentent de déloger leur gibier, à coups de fouet et en laissant leurs chiens de côté, mais rien n’y fait. Prostré contre une haie, dans l’allée du pavillon, l’animal refuse de bouger. Des riverains commencent à se masser près des lieux pour observer la suite de l’opération.

Les riverains sous le choc

Les gendarmes arrivent rapidement sur les lieux pour établir un périmètre de sécurité. D’abord pour assurer la sécurité des curieux puis pour éviter une éventuelle confrontation avec les militants anti-chasse à courre présents également sur les lieux.

Vers 17h, Alain Drach, président de la Futaie des amis, décide d’en finir et enjambe le portail du pavillon. Le chasseur scelle le sort de l’animal en l’abattant de deux coups de fusil. Sa dépouille sera emmenée par une porte dérobée, située au fond du jardin et donnant sur la forêt voisine.

Ce triste dénouement a profondément choqué les badauds restés sur place. Une jeune femme est même en pleurs. Un autre riverain menace, lui, de porter plainte.

Sur les réseaux sociaux, l’affaire a également suscité l’émoi. De nombreuses personnalités comme Aymeric Caron, Laurence Parisot ou encore Rémi Gaillard ont condamné les méthodes employées par les chasseurs.

"L’animal devenait dangereux"

De son côté, Alain Drach affirme qu’il a agi en toute légalité. Avant d’exercer son droit de suite, c’est-à-dire l’autorisation d’achever un animal mortellement blessé même sur le terrain d’autrui, le chasseur assure avoir prévenu les gendarmes. Les militaires ont ensuite joint les propriétaires de la maison, absents au moment des faits, qui ont donné leur accord.

"C’est pour ça que je suis entré chez eux et que j’ai tiré, assure Alain Drach au Parisien. L’animal était coincé dans une descente de garage, nous avons essayé de l’en sortir pendant cinquante minutes. Il devenait dangereux. Un animal aux abois, ce qui était le cas, devient notre propriété. Nous sommes responsables en cas d’incident."

Le maire de Lacroix-Saint-Ouen, Jean Desessart (LR), s’est dit "choqué" par cet incident, d’autant plus qu’un "arrêté municipal interdit pourtant la chasse à courre sur le territoire de la commune". Les gendarmes de Compiègne ont quant à eux expliqué au Courrier Picard que "les chasseurs qui sont responsables des agissements du cerf chassé doivent finir la chasse ".

"Embarrassée par cet incident rarissime", la société de vénerie a ouvert une enquête pour en comprendre les circonstances.

"L’animal n’aurait jamais dû se retrouver sur cette propriété privée. Aurait-on dû arrêter la chasse plus tôt?", s’interroge Pierre De Boisguilbert, secrétaire général de la Société de Vénerie, contacté par Le Parisien. "Nous allons entendre le responsable de l’équipage, les riverains et les gendarmes présents". S’il y a lieu, "le responsable de l’équipage sera convoqué à Paris où nous déciderons d’une sanction".

Si le maître d’équipage Alain Drach ne parvient pas à prouver que l’animal était mortellement blessé lorsqu’il s’est introduit sur le terrain, il sera en tort. Comme le rappelle l’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS), il encourt une contravention de 5e classe d’un montant de 1.500 euros et peut être poursuivi.

Hervine Mahaud