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Nice: la reconnaissance faciale aurait permis d'identifier le chauffeur avant l'attentat selon Estrosi

Christian Estrosi.

Christian Estrosi. - Boris Horvat - AFP

Le premier adjoint de Nice a défendu l'utilité des caméras de surveillance dans la lutte contre le terrorisme tout en reconnaissant leurs limites. Il plaide pour un couplage avec la reconnaissance faciale.

Par quels moyens l'attentat de Nice auraient-il pu être empêché? En pleine polémique autour du dispositif de sécurité mis en place sur la Promenade des Anglais à Nice le 14-Juillet, beaucoup y vont de leurs conjectures. Le premier adjoint de Nice Christian Estrosi a fait la sienne, ce vendredi, dans une interview au Parisien

Interrogé sur le manque d'efficacité des caméras de surveillance - elles n'ont pas détecté le camion alors que la circulation des poids lourds était interdite dans le secteur - , l'élu Les Républicains (LR) a affirmé: 

"Elles ont permis de faire avancer l'enquête, mais, en matière de terrorisme, il faut admettre que les caméras ne sont pas la réponse à tout. Du moins en l'état actuel des choses, puisque, si on nous avait autorisés à utiliser notre logiciel de reconnaissance facial, il en aurait peut-être été autrement."

Invité à préciser sa pensée, Christian Estrosi a jouté:

"On se serait rendu compte que le conducteur du camion avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour violence et qu'il figurait sur le fichier des infractions constatées Stic [devenu le TAJ, ndlr]."

Une proposition de loi déposée à l'Assemblée et au Sénat

Coupler la vidéosurveillance avec la reconnaissance faciale est justement une proposition portée par LR devant le Parlement. Le 6 juillet, la députée Marine Brenier (LR) a publié une proposition de loi qui vise à autoriser les forces de l’ordre à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale sur les images obtenues par les caméras de vidéosurveillance. Au Sénat, c'est Roger Karoutchi (LR) qui a déposé un texte similaire fin juin.

Avec une caméra pour 600 habitants, Nice est la ville la plus télésurveillée de France. Christian Estrosi n'avait pas manqué de s'en vanter au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, comme le rappelle Le Lab d'Europe 1. Lors d'un conseil municipal, alors qu'il était à l'époque maire de la ville - son élection à la présidence de la région Paca l'a obligé à céder ce poste à son adjoint en juin 2016 - Christian Estrosi avait déclaré:

"Je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipée du même réseau que le nôtre, les frères Kouachi n'auraient passé 3 carrefours sans être neutralisés et interpellés." 

Les faits lui ont malheureusement donné tort.

Ma. G.