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Necker dégradé: "Un hôpital c'est un sanctuaire, on n'attaque pas un hôpital"

Président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, a condamné les dégradations de l'hôpital Necker pendant la manifestation contre la loi Travail mardi.

"C'était inimaginable", "insensé", "ils n'ont plus de limites". Au lendemain des dégradations sur l'hôpital Necker, dans le 15e arrondissement de Paris, lors de la manifestation contre la loi Travail mardi, Frédéric Valletoux ne mâche pas ses mots. Le conseiller régional Les Républicains d'Ile-de-France est également président de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui a décidé de porter plainte.

La FHF a ainsi décidé "d'accompagner la démarche et la plainte de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris, Ndlr), explique Frédéric Valletoux. Nous allons porter plainte nous-même, parce qu'il y a des limites qu'on ne franchit pas. De telles violences sont inacceptables. Un hôpital, c'est un sanctuaire, et un sanctuaire républicain. On n'attaque pas un hôpital."

En colère, l'élu blâme les casseurs, qui ont notamment lancé des pavés sur les vitres jouxtant les salles d'opérations en cours. "C'est la violence pour la violence, c'est marquer les esprits, c'est plus de limites, s'indigne Frédéric Valletoux. On s'attaque à la police, on s'attaque à l'armée, on s'attaque aux hôpitaux."

Les hôpitaux obligés de renforcer leur sécurité?

Contre ces violences, dont il rappelle qu'elles ont été filmées, il demande "une extrême sévérité". "C'est aussi pour ça que nous portons plainte", détaille le conseiller régional. "Jamais nous ne pouvions imaginer qu'une manifestation qui passe à côté d'un hôpital s'y attaque", insiste-t-il.

Le président de FHF en vient même à se demander si les hôpitaux sont toujours assez sécurisés. "Dans le climat de déliquescence et de violence actuel, il va peut-être falloir y regarder à deux fois, et prendre maintenant des mesures de sécurité qui étaient jusqu'à présent totalement inenvisageables", reconnaît Frédéric Valletoux.

"Peut-être que maintenant les hôpitaux vont être contraints de sécuriser leurs abords, ce qui est insensé, parce qu'un hôpital c'est un lieu ouvert, c'est un lieu du soin, regrette l'élu. Tout le monde est pris en charge à l'hôpital, quelque soit sa condition sociale, quelque soit sa pathologie. C'est un sanctuaire qui jusqu'à présent avait été respecté."

Au moins 21 personnes ont été interpellées lors de la manifestation de mardi, qui a fait de nombreux dégâts et blessés à Paris.

Hélène Millard