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Montpellier: un étudiant condamné pour alcoolémie sur la base d'un témoignage

Le jeune homme a été condamné à 500 euros d'amende.

Le jeune homme a été condamné à 500 euros d'amende. - PASCAL GUYOT / AFP

Un étudiant montpelliérain a été condamné en appel pour conduite en état d’ivresse, sur la seule foi d’un témoignage.

Il faut remonter jusqu’en 2009 pour bien comprendre l’affaire. Un soir d’octobre à Montpellier, Jérémy, au volant de sa voiture, percute un véhicule en stationnement. Une femme, témoin de la scène, contacte la police pour signaler l’accident. Elle informe également les forces de l’ordre que l’homme serait sorti de sa voiture en titubant. Il aurait ensuite uriné sur place avant de repartir à pied. Des déclarations non vérifiées qui ont coûté cher au conducteur.

Sur la seule foi de ce témoignage, l'étudiant a été convoqué au commissariat environ un mois plus tard, où il a admis avoir bu "seulement un ou deux verres de sangria chez des amis". La bataille judiciaire commence.

Une condamnation quatre ans plus tard

Jugé par le tribunal correctionnel de Montpellier quatre ans après les faits, Jérémy a été condamné à 300 euros d’amende et cinq mois de suspension du permis de conduire. Il décide alors de faire appel.

Décision qu’il va regretter puisque la sanction va s’alourdir. Le jeune homme, qui s’est depuis inscrit dans une école de kinésithérapie en Espagne, a été condamné ce mois-ci à 500 euros d’amende et six mois de suspension de permis, soit 100 euros et un mois de plus que lors du jugement précédent.

"Je n’ose plus me gratter l’oreille au feu rouge"

Son avocat, Me Paras, a eu "l’impression que l’on pouvait être condamné sur simple dénonciation".

"Je vous avoue que depuis, je n'ose plus me gratter l'oreille au feu rouge, parce que je ne voudrais pas que l'automobiliste d'à côté – qui penserait que je téléphone au volant – contacte la police", a-t-il ironisé au micro de France Bleu Hérault.

L’étudiant a quant lui assuré avoir seulement "été sous le choc après l’accident". "Comme il était plus de minuit, et que je n’habitais pas loin, je suis rentré à pied", s’est-t-il ensuite justifié avant de s’indigner de n’avoir "pas été contrôlé ni avoir soufflé dans le ballon". Pour lui, "on se fie au témoignage d’une dame qui n’est pas assermentée (…), c’est de la délation".
Julie Breon