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Militaire agressé: le suspect, un jeune marginal converti de 22 ans

Alexandre, suspecté d'avoir agressé un militaire à la Défense, au moment de son interpellation.

Alexandre, suspecté d'avoir agressé un militaire à la Défense, au moment de son interpellation. - -

PORTRAIT - Placé en garde à vue pour 96 heures, Alexandre, le jeune homme suspecté d'avoir agressé un militaire à la Défense, serait un jeune homme au casier judiciaire vierge mais au parcours chaotique.

Alexandre fêtera jeudi ses 22 ans en garde à vue. Le jeune homme est soupçonné d'être à l'origine de l'agression au couteau d'un militaire samedi dernier, à La Défense, dans les couloirs de la station souterraine.

Des faits très graves qu'il a reconnus implicitement devant les enquêteurs, selon le procureur de Paris, et qui pourraient lui valoir une mise en examen pour tentative d'assassinat en lien avec une entreprise terroriste.

Un casier judiciaire vierge de condamnations

Qui est ce jeune homme, inconnu jusqu'à présent des services de renseignement? La justice a commencé à brosser son portrait. Le garçon aurait eu une adolescence difficile. "Il a fait l'objet d'un suivi socio-éducatif, notamment à cause d'un refus de l'autorité parentale", explique le procureur de Paris, François Molins. Il serait actuellement sans domicile et sans emploi.

En 2007, alors qu'il est encore mineur, il est fiché pour un banal contrôle d'identité après une prière de rue musulmane. Une religion qu'il a choisi d'adopter. En prenant la voie du radicalisme? Seule l'enquête le dira. "Il se serait converti vers la fin de sa minorité", précise néanmoins le magistrat. Quelques menus délits, comme le port d'armes ou la violation de domicile, lui vaudront des rappels à la loi, mais jusqu'à maintenant , "son casier judiciaire est vierge", indique le procureur.

La vidéosurveillance a permis aux enquêteurs de remarquer que "huit minutes avant l'agression, qui a eu lieu à 17h54 samedi, Alexandre a effectué une prière musulmane", explique le procureur. Le patron de la PJ parisienne, Christian Flaesch, précise que cette prière a eu lieu "dans un coin du centre commercial de la Défense".

Une trace d'ADN sur une bouteille de jus

Cet élément, ajouté à l'agression quelques jours plus tôt à Londres d'un soldat par deux islamistes radicaux, a immédiatement laissé penser aux enquêteurs que le suspect "a agi au nom de son idéologie religieuse", selon François Molins. "La volonté de tuer le soldat était assez évidente. Il a porté plusieurs coups de couteau de manière très déterminée."

Sur place, le jeune homme abandonne un sac, dans lequel les enquêteurs retrouveront notamment une bouteille de jus d'orange, achetée plus tôt dans la journée. Une trace d'ADN retrouvée dessus, et correspondant à son profil dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques, permettra dès dimanche soir à la police de l'identifier, avant de procéder à son interpellation, mercredi, chez une amie à lui dans les Yvelines. Selon le procureur, la jeune femme, qui l'hébergeait de temps à autre, n'avait aucune idée des soupçons qui pesaient sur lui.


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