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Meurtre d'un jeune à Châtelet-les-Halles: la mère indignée par la diffusion de vidéos

Des passagers attendent attendent leur train en gare de Châtelet-les-Halles, au centre de Paris, le 8 mars 2016

Des passagers attendent attendent leur train en gare de Châtelet-les-Halles, au centre de Paris, le 8 mars 2016 - Geoffroy Van der Hasselt, AFP

La mère et plus largement la famille du jeune homme d'origine martiniquaise poignardé mortellement dans le métro à Châtelet, à Paris, vendredi, sont ulcérées du fait que des témoins aient filmé l'agonie de la victime plutôt que lui porter secours.

La mère d'un jeune Martiniquais de 22 ans, Andy, agressé mortellement vendredi dans la gare RER de Châtelet-les-Halles, à Paris, s'est indignée sur la radio RCI Martinique que la scène du meurtre ait été filmée et diffusée sur des réseaux sociaux.

"Ils ont filmé, ils ont partagé sur YouTube, partagé sur Snapchat, partagé sur Facebook, WhatsApp et autres, mais personne n'a levé le petit doigt" pour lui venir en aide, s'est indigné Linda Brigitte, infirmière au CHU de Martinique. "Aujourd'hui, les réseaux sociaux sont trop présents et c'est un manque d'humanité", a-t-elle aussi protesté. Les parents de la victime sont arrivés à Paris dimanche. 

Andy venait de de décrocher un contrat de mécanicien 

Andy, qui habitait chez une tante en Essonne, dans la banlieue sud de Paris, depuis l'âge de 17 ans a été blessé à la gorge d'un coup de couteau vendredi après-midi, à la station de RER Châtelet-les-Halles, au cœur de Paris. Le jeune homme, qui venait de décrocher un contrat de mécanicien dans l'armée, est mort sur place.

Interviewée sur Martinique 1ère, une tante du jeune homme, Betty Mélinard, s'est effondrée. "Personne ne l'a aidé, personne ne lui a porté secours. Ils ont filmé. Je trouve ça horrible et inadmissible qu'un jeune soit agonisant et qu'on filme au lieu de lui porter secours. Peut-être qu'Andy serait encore en vie, on ne sait pas. Je trouve ça inadmissible et impardonnable. Les gens qui ont filmé sont aussi coupable que son meurtrier", a-t-elle affirmé en larmes.

L'agresseur, un homme de 33 ans, admis en psychiatrie

Son agresseur a été interpellé immédiatement à proximité. Il a été admis en psychiatrie. Son état a été jugé incompatible avec une garde à vue. Il a ainsi été admis à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, a signalé Le Parisien dimanche. L'enquête se poursuit tout de même pour établir les circonstances qui ont entouré le meurtre du jeune homme par cet homme de 33 ans, originaire de Melun. 

Il semble que ce soit une simple bousculade sur le quai du RER D qui ait enclenché le drame. Après avoir poignardé sa victime, il a cherché à s'enfuir mais a été maîtrisé par cinq agents de la RATP avant d'être remis à la police. 

Ce meurtre a soulevé une grande indignation, en Martinique mais aussi sur les réseaux sociaux, et entraîné une vague de solidarité. Une souscription sur Internet visant à obtenir des fonds pour aider la famille à assurer les frais de transport de la dépouille d'Andy a recueilli près de 14.000 euros sur le site de cagnottes Leetchi.

Robin Verner avec AFP