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Merah : la mère de la première victime témoigne

Hommage aux victimes de Mohamed Merah

Hommage aux victimes de Mohamed Merah - -

Invitée pour une cérémonie à l’occasion de la journée d’hommage national aux victimes du terrorisme, la mère d’Imad Ibn Ziaten a exprimé sa douleur et relayé la détresse des jeunes de quartiers qui voient en Mohamed Merah « un héros ». « J’ai fait cinq enfants en France, je les ai éduqués, élevés au nom de la République laïque. Et aujourd’hui voilà ce qui m’arrive », raconte-t-elle.

Elle est l’une des victimes, elle aussi, de Mohamed Merah. Latifa Ibn Ziaten a perdu son fils Imad le 11 mars dernier. Militaire de carrière, il a été abattu, en pleine rue de Toulouse, sous les balles de celui qu’on appellera plus tard « le tueur au scooter », la première de ses huit victimes. Invitée mercredi à prendre la parole lors d'une cérémonie aux Invalides à l'occasion de la journée d'hommage national aux victimes du terrorisme, elle est revenu sur l’Islam prétendu du tueur et sa douleur.

« Je ne peux pas laisser une autre mère souffrir comme moi »

Alors qu’elle se dit « musulmane, croyante, et pratiquante », Latifa Ibn Ziaten a insisté sur les justifications du tueur. « Mohamed Merah n’a aucune religion, a-t-elle martelé. Je suis venue du Maroc à l’âge de 18 ans. J’ai fait cinq enfants en France, je les ai éduqués, je les ai élevés au nom de la République laïque. Et aujourd’hui voilà ce qui m’arrive, ce qui arrive à mon fils. C’est inacceptable, je ne peux pas laisser une autre mère souffrir comme moi ».

« Vous appelez ça un martyr de l’Islam ? »

A l'occasion d'un séjour à Toulouse, Latifa s'est aussi rendue dans le quartier où a grandi l'assassin de son fils. Elle a raconté mercredi la douleur qu’elle a ressentie lorsqu’elle a rencontré des jeunes du quartier : « Je leur ai posé la question "est-ce que vous connaissez Mohamed Merah ?". Ils m’ont répondu "mais qui ne connait pas Mohamed Merah ? C’est un martyr, un héros, un roi de l’Islam". J’étais déchirée, tuée deux fois, avoue-t-elle. Je les ai regardés dans les yeux, je leur ai dit : "je suis la maman du premier soldat tombé à Toulouse. Vous appelez ça un martyr de l’Islam ?" Ils m’ont dit : "madame, on est désolé, mais on a besoin d’aide, on est autant perdus" ».
Une expérience qui l'a poussée à créer l'association Imad Ben Ziaten pour la jeunesse et pour la paix dans le but de tendre une main aux jeunes en rupture dans les écoles, les quartiers déshérités et les prisons, pour qu'il n'y ait plus d'autres Merah. Et pour, en quelque sorte, continuer de voir son « enfant grandir ».

La rédaction