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Marseille: une "esthéticienne" utilisait du papier de verre sur ses clientes

Du papier de verre - Image d'illustration

Du papier de verre - Image d'illustration - Flickr

Plusieurs victimes rapportent avoir été brûlées et blessées "presque jusqu'au sang."

Les clientes de Micheline V., 70 ans, pensaient avoir trouvé une solution miracle afin de lutter contre les vergetures. Comme le relate La Provence, plusieurs femmes de la région marseillaise ont été abusées par cette septuagénaire, également appelée "madame Charlotte", qui leur promettait de corriger et d’effacer certaines taches et vergetures de leur corps. Or, au lieu d’un produit prétendument révolutionnaire, "l’esthéticienne" utilisait du papier de verre, un matériau abrasif habituellement utilisé pour polir la surface de bois ou de métaux.

Ses victimes seraient nombreuses. Le quotidien régional cite le cas de Lydia (prénom modifié), la trentaine, une jeune maman qui souhaitait faire disparaître des vergetures apparues lors de sa grossesse. Dans le cabinet, en réalité l’appartement de Micheline, cette dernière lui a en fait poncé le ventre, "presque jusqu’au sang."

"Comme je souffrais trop, j'ai essayé de la repousser mais elle m'a dit que je l'empêchais de travailler... Avant de partir, elle m'a posé des morceaux de papier toilette sur les plaies" explique la victime, toujours à La Provence.

Première condamnation en 2002

Ce n’est pas la première fois que la vieille dame se laisse aller à de telles expériences. A la suite de la plainte déposée par Lydia, plusieurs autres victimes se sont confiées auprès des enquêteurs. L’une d’elles raconte avoir croisé le chemin de Micheline sur le Prado, un quartier de Marseille où elle promettait aux badauds "une méthode de cryothérapie permettant de gommer les poignées d'amour".

Cette nouvelle méthode a en fait laissé à ses utilisatrices plusieurs taches et des brûlures douloureuses.

"Elle lui avait même raconté avoir fait cinq ans de médecine. Ma cliente s'est endettée en contractant un crédit pour payer les 2500 euros demandés. Elle en est sortie abîmée physiquement et mentalement" explique l’avocat d’une victime.

Lors de l’enquête, le "cabinet" a été perquisitionné. Plusieurs centaines de fiches clientes non déclarées ont été retrouvées. L'escroc devrait être jugée par un tribunal marseillais dans les semaines à venir. En 2002 déjà, elle avait été condamnée à dix mois de prison "pour des faits d'exercice illégal de la médecine et d'escroquerie" rappelle toujours La Provence.

Hugo Septier