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Mantes-la-Jolie: enquête ouverte pour retrouver l'auteur de la vidéo d'interpellation de lycéens

151 jeunes ont été interpellés dans un lycée à Mantes-la-Jolie, le 6 décembre.

151 jeunes ont été interpellés dans un lycée à Mantes-la-Jolie, le 6 décembre. - Céline Agniel - AFP

Le préfet des Yvelines veut connaître l'identité de l'auteur de la vidéo de l'interpellation des 151 jeunes aux abords d'un lycée de Mantes-la-Jolie.

"Lamentable". C'est le mot lâché par le préfet des Yvelines pour qualifier le fait d'avoir filmé et diffusé l'interpellation de 151 personnes près d'un lycée de Mantes-la-Jolie. Jean-Jacques Brot a donc annoncé au micro de RTL l'ouverture d'une enquête administrative pour trouver l'auteur de la vidéo.

Jeudi, des interpellations de masse ont eu lieu aux abords du lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie. Les lycéens, engagés dans une mobilisation contre les réformes du gouvernement, ont été rejoints par "une centaine d'individus encagoulés et armés de bâtons et d'engins incendiaires avec la ferme intention d'en découdre avec les forces de l'ordre", selon le ministre de l'Intérieur.

"Il y a une source qu'on ne connaît pas"

Durant l'arrestation, les jeunes ont dû mettre genoux au sol avec les mains entravées ou sur la tête. L'un des policiers a tenu des propos que des responsables politiques de gauche ont qualifiés "d'humiliation":

"Voilà une classe qui se tient sage. On va faire voir ça à leurs profs. Je pense qu'ils n'ont jamais vu ça. On ne baisse pas la tête, on regarde droit devant." 

Cette scène a ensuite été filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux. Une seconde vidéo a également été réalisée par une journaliste de l'AFP.

"Il y a une source qu'on ne connaît pas" a reconnu Christophe Castaner, en ajoutant que la "procédure" serait évaluée par la justice afin que "toute la transparence soit faite".

Devoir de réserve 

L'avocate Delphine Millet précise à BFMTV que si l'auteur de la vidéo est effectivement un policier, il peut être poursuivi pour "deux motifs: être sorti de son devoir de réserve et avoir filmé un mineur lors d'une interpellation".

Le film comme sa diffusion est en effet interdit par la loi:

"Lorsqu'elle est réalisée sans l'accord de l'intéressé, la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, de l'image d'une personne identifiée ou identifiable mise en cause à l'occasion d'une procédure pénale mais n'ayant pas fait l'objet d'un jugement de condamnation et faisant apparaître, soit que cette personne porte des menottes ou entraves, soit qu'elle est placée en détention provisoire."

L'auteur encourt une peine de 15.000 euros d'amende.

Esther Paolini avec AFP