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Maëlys: l'expertise psychiatrique met en évidence "la dangerosité criminologique" de Nordahl Lelandais

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L'expertise psychiatrique de Nordahl Lelandais, qui a reconnu le meurtre de la petite fille de neuf ans, met en évidence que l'ex-militaire ne présente pas d'abolition du discernement. Il est également décrit comme "une personnalité clivée de type pervers".

"La dangerosité criminologique" de Nordahl Lelandais "est extrêmement importante du fait de sa pathologie de personnalité". L'expertise psychiatrique de l'ancien militaire qui a reconnu avoir donné accidentellement la mort à Maëlys, neuf ans, mais aussi à Arthur Noyer, un militaire de 24 ans, dresse un portrait inquiétant. Entre le mois de février et le mois d'avril, l'homme de 35 ans a été expertisé par trois experts psychiatriques mandatés par la justice.

Conscient de ses gestes

Les conclusions de ces entretiens sont importantes d'un point de vue judiciaire puisqu'elles mettent en évidence que Nordahl Lelandais n'était pas atteint d'un "trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes". En clair, l'homme de 35 ans est responsable pénalement du meurtre de la petite fille qu'il a avoué le 14 février dernier, six mois après la disparition de la fillette à une fête de mariage à Pont-de-Beauvoisin, en Isère.

Deux mois plus tard, Nordahl Lelandais a expliqué aux juges avoir donné une "claque" à l'enfant quand cette dernière, montée dans son véhicule pour voir ses chiens, s'était mise à paniquer. Après se geste, il dit avoir constaté la mort de Maëlys, avoir déposé son corps dans une cabane près de la maison de ses parents, avant de le déplacer dans une zone très reculée où il a été découvert. Pour les experts, l'homme était conscient de ses gestes alors qu'il "présente une personnalité clivée de type pervers".

Une personnalité "avec une partie fonctionnant de façon à peu près adéquate à la réalité, et une partie fonctionnant en dépit des interdits avec des possibilités de passage à l’acte hétéro-agressif extrêmement important", concluent les trois experts psychiatriques.

Un tueur manipulateur

Au fil des discussions avec les médecins, Nordahl Lelandais est revenu sur cette fameuse nuit du 26 au 27 août 2017. Il leur a raconté s'être senti comme "un fantôme qui volait" aux côtés de la voiture où la petite fille aurait trouvé la mort. Des déclarations auxquelles les experts ne prêtent aucun crédit. Selon nos informations, ils estiment que ces mots ont été préparés et sont récités comme appris par coeur. Un élément qui alimente le portrait d'un tueur "dangereux" et manipulateur.

Après avoir livré sa version de la mort de Maëlys, Nordahl Lelandais avait également livré des éléments circonstanciés sur la soirée du 11 au 12 avril 2017, au cours de laquelle Arthur Noyer a trouvé la mort. L'ancien militaire a admis avoir pris en stop le jeune homme. Lors du trajet, une bagarre a éclaté, selon ses dires. Admettant avoir mis plusieurs coups au visage du caporal, ce dernier aurait fait une chute. Nordahl Lelandais dit alors avoir abandonné le corps sur le bord d'une route. Le procureur de la République de Chambéry précisait alors qu'il était question de violences volontaires, "pas de pulsions".

Justine Chevalier avec Rym Bey