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Le ras-le-bol d'une buraliste braquée 28 fois en 17 ans

Le syndicat des buralistes de Seine-et-Marne réclame plus de protection.

Le syndicat des buralistes de Seine-et-Marne réclame plus de protection. - Thomas Samson - AFP

Le bar-tabac d'Evelyne Curateau, situé à Lésigny en Seine-et-Marne, est la cible de braquages à répétition. Une situation que ne supporte plus la gérante qui envisage de vendre.

Rideau du commerce forcé, attaques à la voiture-bélier, agression à coups de marteau... Les braquages rythment le quotidien d'Evelyne Curateau, et ce depuis 17 ans. Au total, depuis l'ouverture de son commerce, cette gérante d'un bar-tabac à Lésigny, en Seine-et-Marne, a été victime de 28 vols. Le dernier a eu lieu ce week-end, comme elle le raconte au Parisien. Les braqueurs ont pénétré dans le bar avant de repartir avec le contenu de la caisse et des cigarettes.

"Depuis 1996, 28 cambriolages, ça fait beaucoup... ça fait plus d'un par an", se désole la commerçante de 63 ans. Elle détaille les attaques à la voiture-bélier en 2010 et en 2012, les intrusions par le toit ou encore l'agression au marteau de son fils alors qu'il allait déposer la recette du commerce, situé au coeur d'un centre commercial, à la banque.

"C'est une profession à risques. On travaille avec la peur", confie Evelyne Curateau au quotidien.

Au delà de la peur, la gérante du bar-tabac voit les problèmes s'accumuler. "Une fois nous avons eu 40.000 euros de travaux pour 2.000 euros de vol", relate-t-elle. Et désormais à chaque cambriolage, la commerçante doit payer "plus de 1.000 euros de franchise" à son assurance, qui a un temps envisagé de la radier. "A chaque fois, on laisse 1.000 euros de notre poche donc je vous laisse multiplier par les 28...", déplore-t-elle.

Mise en place d'une vidéosurveillance

Aujourd'hui, la gérante envisage même de vendre, bien consciente que "cela ne va pas être évident". "La situation risque de faire peur à un éventuel acheteur", reconnaît-elle, en réclamant plus de surveillance. "On demande plus de sécurité, on demande à ce que la préfecture nous aide, à ce qu'il y ait plus de rondes de police", insiste Stéphane Hartmann, du syndicat des buralistes de Seine-et-Marne.

Conscient des problèmes de délinquance dans sa commune, le maire UMP de Lésigny, Michel Papin, appelle toutefois à ne pas tomber "dans la psychose". L'élu rappelle une baisse de 36% des cambriolages entre 2013 et 2014, et annonce dans la foulée la mise en place de 27 caméras de vidéoprotection dans la ville et des horaires de rondes de nuit de la police municipale réaménagés.

J.C.