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La zone euro est-elle vraiment tirée d’affaire ?

François Hollande

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Dans une interview à plusieurs quotidiens européens, François Hollande affirme que nous sommes « tout près de la sortie de crise de la zone euro ». Les avis des spécialistes divergent.

Sommes-nous vraiment « tout près de la sortie de crise de la zone euro », comme l’a affirmé mercredi François Hollande. Dans une interview mercredi à plusieurs journaux européens, dont Le Monde, le président de la République s’est voulu rassurant. « Le pire, c'est-à-dire la crainte d'un éclatement de la zone euro, oui, est passé », a-t-il aussi affirmé.
Reste la situation en Grèce, le financement des autres pays en difficulté et l'union bancaire : François Hollande veut que ces questions soient réglées avant la fin de l'année, pour pouvoir s'atteler à une réforme en profondeur de l'Union européenne, « le grand chantier du début de l'année prochaine ».

« Les marchés financiers stabilisés et rassurés »

Philippe Mabille, journaliste économique et directeur adjoint de la rédaction de La Tribune, partage l'optimisme du Président. « Oui, on est en réalité sortis de la crise de la zone euro, estime-t-il, puisqu’on a vu que toutes les mesures prises au dernier sommet européen, l’union bancaire, l’union budgétaire ont permis de stabiliser les marchés financiers, de les rassurer. On voit que les taux d’intérêt en Espagne, en Italie, et même maintenant en Grèce, ont commencé à baisser. On peut espérer retrouver suffisamment de visibilité pour que les investisseurs se remettent à investir et que les entreprises se remettent à embaucher ».

« De la méthode Coué »

Moins d’optimisme en revanche chez Marc Touati. Le président du cabinet de conseil ACEDEFI estime qu’on peut « évidemment comprendre la motivation du président de la République de faire de la méthode Coué », mais selon, « malheureusement, il faut aussi être réaliste. On nous annonce des hausses d’impôt notamment en France. Qui dit hausse d’impôt dit croissance en berne, voire récession, donc chômage. Et donc ne serait-ce qu’avec un euro trop fort et des augmentations d’impôts, on ne peut pas sortir de la récession. Donc la crise est loin d’être terminée, malheureusement ».

M. Chaillot avec Victor Joanin