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La syndicaliste Linda Kebbab rappelle que "la peur" fait partie du quotidien des forces de l'ordre

Invitée ce lundi matin de RMC et BFMTV, la déléguée nationale Unité SGP Police FO s'est exprimée au sujet de l'affaire Michel Zecler.

Pour la quasi-totalité des représentants syndicaux de la police jusqu'à leur directeur général, les images montrant le producteur Michel Zecler se faire tabasser par les forces de l'ordre constituent une "honte" et suscitent leur colère, au même titre qu'une grande partie de la population. Mais derrière le choc des images, un tel débordement peut-il s'expliquer? Tout en condamnant ces faits et en ayant une pensée pour la victime, la syndicaliste policière Linda Kebbab, invitée ce lundi matin de BFMTV et RMC, affirme que certains membres de forces de l'ordre vivent et travaillent actuellement avec un syndrome de stress post-traumatique, ainsi que celui de "la citadelle assiégée":

"Vous avez aujourd'hui des policiers et des gendarmes et particulièrement pour des policiers dans les grandes agglomérations, qui ont le sentiment d'être attaqués de toute part" explique la déléguée nationale Unité SGP Police FO. "Parfois, ils perdent du discernement."

"Nous avons aussi une notion d'empathie dans notre action"

Lors de leur garde à vue, les quatre policiers mis en cause dans le tabassage de Michel Zecler ont affirmé, d'après le procureur de la République Rémy Heitz, avoir "agi sous le coup de la peur", tout en reconnaissant que les coups portés à l'interpellé n'étaient "pas justifiés".

"La peur, elle fait partie de notre quotidien en tant que force de l'ordre" commente notre invitée, avant de poursuivre: "C'est aussi parce que nous avons peur que nous devons aller en avant, parce que nous avons aussi une notion d'empathie dans notre action, n'en déplaise à ceux qui fustigent les forces de l'ordre."

La policière insiste: "Oui, on a peur aussi dans nos missions au quotidien, on a peur quand on va au-devant d'un braquage, on a peur quand on va devant de violences conjugales ou intrafamiliales, on a peur quand on va au-devant de terroristes, on a peur tout le temps, même quand on interpelle un homme seul." Une affirmation qu'elle illustre en s'appuyant sur son expérience, "sur le terrain": "Même à deux ou trois, parfois on est blessé face à quelqu'un de grosse corpulence."

Les quatre policiers mis en examen

A la suite de leur garde à vue, les quatre policiers mis en cause après le tabassage du producteur noir Michel Zecler ont été mis en examen. Deux d'entre eux ont notamment été écroués.

Parmi ces quatre policiers mis en examen par un juge d'instruction, trois l'ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP)" et "faux en écriture publique", conformément aux réquisitions du parquet de Paris annoncées par le procureur de la République Rémy Heitz dimanche après-midi.

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV