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La mère de Jean-Marc Reiser veut demander à son fils s'il a tué Sophie Le Tan

L'étudiante de 20 ans a disparu le 7 septembre dernier à Schiltigheim, près de Strasbourg. - Police nationale

L'étudiante de 20 ans a disparu le 7 septembre dernier à Schiltigheim, près de Strasbourg. - Police nationale - -

La mère du suspect numéro un dans la disparition de la jeune Sophie Le Tan ne croit pas en l'implication de son fils dans cette affaire. Pourtant, elle souhaite "lui demander droit dans les yeux" s'il y est pour quelque chose.

La mère de Jean-Marc Reiser a pris la parole alors que son fils de 58 ans, est mis en examen et écroué pour l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat de Sophie Le Tan, une étudiante de 20 ans disparue depuis le 7 septembre dernier.

Âgée de 81 ans, Marie-Louise confie au Parisien qu'elle souhaite "faire part de son point de vue sur la mise en cause de son fils". Cette mère de deux enfants (Jean-Marc et Christiane), et grand-mère de trois petits-enfants se souvient de son défunt mari, bûcheron et évoque ses excès de colère et de boisson en rentrant du travail.

Alors que Jean-Marc avait 17 ans, elle raconte "avoir quitté" son mari et "être partie sans rien dire", laissant "les enfants avec lui". Pendant "quatre ou cinq ans" Marie-Louise dit avoir été séparée de son fils, et elle ne cache pas que leurs retrouvailles ont été "difficiles". Elle décrit Jean-Marc Reiser "comme un bon garçon, gentil, serviable et aimant mais parfois énervé". "Petit, comme tous les garçons, il était un peu turbulent et se fâchait souvent. Parfois, il était renfermé", poursuit-elle encore.

"J'allais le voir une fois par mois" en prison

Le Parisien décrit une femme bouleversée mais discrète sur le lourd passé judiciaire de son fils, acquitté en 2001 pour l'assassinat d'une jeune femme disparue en 1987, puis condamné à 15 ans pour le viol d'une auto-stoppeuse allemande et des viols sur une ancienne maîtresse, ainsi que pour plusieurs cambriolages de cabinets vétérinaires en 2012 et 2017. 

"Je n’ai pas voulu aller aux procès. Je ne voulais voir personne. Je suis une solitaire. Ça ne m’intéressait pas. Il ne m’a jamais rien dit. La police lui en veut. Ils le salissent, mon fils. Je le crois innocent" s'entête l'octogénaire. Marie-Louise raconte qu'elle allait le "voir une fois par mois dans les prisons. Il était un temps à la centrale d’Ensisheim. Il a fait 13 ans pour viol. Mais il ne m’a jamais rien dit sur les faits. Il était toujours gai et heureux quand il me voyait au parloir. Je m’occupais de son linge".

"Si c'est vrai, ça fait de la peine"

"Je l’ai vu ce vendredi 7 septembre (soit le jour de la disparition de Sophie Le Tan). Il est venu chez moi avec sa compagne Anne. Il allait bien. Il était heureux. Il n’a rien dit…" raconte sa mère. "Je lui avais préparé son plat préféré le Bibeleskäs (du fromage blanc battu à l’ail et aux herbes servis avec des pommes sautées)",

Lorsque nos confrères du Parisien lui demandent si elle croit à l'implication de son fils dans la disparition de Sophie Le Tan, Marie-Louise dit qu'elle n'"y croit pas", que "c'est n'importe quoi".

"Là, s’il a tué cette jeune fille, si c’est vrai, ça fait de la peine. J’entends bien lui demander droit dans les yeux s’il l’a fait ou pas. Il a peut-être quelque chose de pas normal dans sa tête. Mais il ne m’a jamais rien dit, je ne sais pas s’il me dira quelque chose." Pourtant, Marie-Louise s'interroge sur une éventuelle nouvelle condamnation de son fils. "Alors là, il ne ressortira plus?…" demande-t-elle.

Jeanne Bulant