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La justice autorise la parution du livre de Tariq Ramadan ce mercredi

L'une des accusatrices de l'islamologue, connue sous le nom de Christelle, lui reproche de révéler son identité dans cet ouvrage. Elle réclamait l'anonymisation des passages où Tariq Ramadan la cite.

D'après nos informations, le livre de Tariq Ramadan sortira ce mercredi comme prévu, malgré la plainte d'une des femmes qui l'accusent de viol. La justice estime, ce mardi soir, que Tariq Ramadan a commis une faute et le condamne à payer 1 euro symbolique de dommages et intérêts à la plaignante et 2000 euros pour les frais de justice, après avoir révélé le nom d'une de ses accusatrices dans son livre.

Dans sa décision, le tribunal de grande instance de Paris a considéré que l'identité de cette plaignante avait déjà été rendue publique et que sa demande "porterait une atteinte excessive et disproportionnée à la liberté d'expression" de Tariq Ramadan, selon le jugement a eu connaissance.

Le livre sortira "en l'état"

Elle ne donne cependant pas suite à la requête de la plaignante d'anonymiser les passages qui la concernent. Le tribunal de Paris autorise donc son livre Devoir de vérité à sortir "en l'état", ce mercredi. 

Cette plaignante, appelée Christelle dans les médias, avait assigné lundi en référé -une procédure d'urgence- l'auteur et son éditeur pour que ce livre, "Devoir de vérité", soit modifié avant toute commercialisation et que son patronyme en soit retiré. L'avocat de la plaignante fondait sa requête sur l'article 39 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui interdit de "diffuser (...) des renseignements concernant l'identité d'une victime d'une agression ou d'une atteinte sexuelles".

Dans cet ouvrage, M. Ramadan relate la manière dont il a vécu l'affaire qui a éclaté à l'automne 2017 et a provoqué sa chute, dans un texte teinté de méditations spirituelles. Le vrai nom de Christelle y est mentionné à 84 reprises, dénonçait son avocat dans son assignation.

Alexandre Gonzalez avec Ambre Lepoivre