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La Courneuve: la guerre des gangs se règle devant la justice

Les deux ravisseurs avaient capturés Kamel Houmani, en chaise roulante, et sa mère Fattima, en demandant une rançon de 1 million d'euros.

Les deux ravisseurs avaient capturés Kamel Houmani, en chaise roulante, et sa mère Fattima, en demandant une rançon de 1 million d'euros. - -

Des peines de 15 et 20 ans de réclusion criminelle ont été requises contre deux hommes soupçonnés d'avoir enlevé pendant deux jours deux membres de la famille Houmani, qui règne, selon la police, sur le trafic de drogue à La Courneuve.

Entre 15 et 20 ans de réclusion criminelle. Les peines requises vendredi devant la cour d'assises de Bobigny, contre deux hommes soupçonnés d'avoir enlevé pendant deux jours deux membres de la puissante famille Houmani, qui règne sur le trafic de drogue à La Courneuve selon la police, sont sévères.

L'avocat général Damien Brunet a requis 20 ans contre Jimmy Meyer, en fuite, qu'il a qualifié d'"organisateur" du rapt, et 15 ans contre Salim Charifi, le seul accusé présent dans le box.

"S'en prendre à la mère, c'est vraiment très rare !"

Kamel Houmani, en chaise roulante après avoir reçu une balle en 2003, et sa mère Fattima, avaient été enlevés à La Courneuve en janvier 2011 par trois hommes cagoulés et armés, qui réclamaient un million d'euros pour leur libération.

Mais Kamel avait réussi à conserver un téléphone, que sa mère avait caché dans son soutien-gorge. Il avait ainsi pu contacter son frère Hamid, pour lui décrire la maison dans laquelle il était enfermé.

Grâce à ces informations, les policiers avaient localisé un pavillon dans le Loiret et étaient tombés, lors de l'assaut, sur l'accusé, Salim Charifi, tenant en joue Fattima Houmani avec un pistolet.

"Ca fait 30 ans que je fais ce métier. S'en prendre à la mère, c'est vraiment très rare!", a souligné le président de la cour d'assises lors du procès. "Un handicapé, ce n'est pas terrible non plus. Mais la mère..."

"Une famille capable d'attaquer un fourgon de police" à la kalachnikov

Lors du procès, Salim Charifi a raconté qu'il n'avait "pas participé à l'enlèvement". Selon lui, Jimmy Meyer lui aurait proposé 10.000 euros pour un simple rôle de geôlier. Il a aussi évoqué des craintes "réelles" de représailles des Houmani, qu'il avait présentés lors de l'enquête comme "l'une des plus grandes familles de trafiquants du 93".

"C'est une famille qui a été capable d'attaquer un fourgon de police pour libérer un frère", a rappelé maître Damien Brossier, l'avocat de Salim Charifi.

En mai 2009, quatre policiers qui convoyaient Djamel, décrit par une source comme "le gros caïd de la cité des 4.000" à La Courneuve, avaient en effet essuyé des tirs de kalachnikov après avoir été bloqués à l'entrée d'une autoroute.

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