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Karim Achoui : "je suis quelqu'un de radical, sanguin, volcanique"

Karim Achoui a expliqué à BFMTV ne pas attendre "grand chose" de ce procès.

Karim Achoui a expliqué à BFMTV ne pas attendre "grand chose" de ce procès. - -

L'ancien avocat du milieu s'est confié à "7 jours BFM" avant l'ouverture du procès de ses agresseurs présumés.

Karim Achoui va reprendre le chemin du tribunal. Mais cette fois-ci, il ne sera pas sur les bancs de la défense ou des accusés, mais sur celui des victimes.

Six hommes comparaissent à partir de mardi devant la cour d'assises de Paris pour une tentative d'assassinat à l'encontre de l'ancien avocat des stars du grand banditisme, en juin 2007, sans mobile apparent. L'occasion pour le très médiatique avocat pénaliste de se retrouver une nouvelle fois au centre de l'attention.

"L'Avocat à abattre"

"Je vais affronter celui qui a tenté de m'assassiner six ans plus tôt, sans colère, sans rage et sans idée de vengeance", a confié Karim Achoui à BFMTV. Les hommes jugés à partir de mardi pour la tentative d'assassinat de l'avocat sont pour la plupart fichés au grand banditisme.

Il avait été touché par deux balles de gros calibre à la sortie de son cabinet du boulevard Raspail à Paris, le 22 juin 2007 au soir. Le tireur présumé, Ruddy Terranova, a été formellement identifié par Karim Achoui. A son côté comparaît Djamel Hakkar qui, selon l'accusation, aurait commandité l'action depuis sa cellule, et trois hommes présentés comme des intermédiaires de l'opération, Jacques Haddad, figure du grand banditisme, Brahim Bordji et Nordine Kherbache.

Karim Achoui a expliqué à BFMTV ne pas attendre "grand chose" de ce procès. Il regrette que les enquêteurs aient écarté la piste qui leur avait confié. Il s'agit selon lui d'un "complot policier et il accuse le commissaire de Versailles, Stéphane Lapeyre, d'être l'un des responsables. Une thèse qu'il défendait déjà en 2008 en publiant le livre "L'Avocat à abattre", où il racontait un complot ourdi par des policiers exaspérés par ses succès judiciaires dans la défense des grands truands.

Un avocat derrière les barreaux

Karim Achoui est une personnalité controversée. Son nom a commencé à émerger avec la révision du procès de Patrick Dils en 1999. Mais c'est surtout en se spécialisant dans la défense de petits puis grands bandits qu'il s'est fait connaître. Il a défendu des figures du milieu comme les frères Hornec ou Antonio Ferrara, mais certains policiers et magistrats lui reprochaient une trop grande proximité avec ses clients qui, de son propre aveu, le fascinaient.

Il a d'ailleurs été accusé un temps de complicité dans l'évasion du braqueur de fourgons blindés Nino Ferrara et de participation à l'association de malfaiteurs. Il écopera en 2008 de sept ans de prison, avant d'être acquitté en appel en 2010.

L'islamophobie, son nouveau cheval de bataille

Malgré l'acquittement, Karim Achoui a été radié du barreau en 2012 à la suite de plusieurs affaires. Le bâtonnier dénonce de "nombreux manquements déontologiques" et une "volonté de rester en marge des principes régissant la profession d'avocat". Le pénaliste estime avoir été "toujours rejeté" par la profession et a confié à BFMTV "bien aimer cette position". Il se définit d'ailleurs comme" quelqu'un plutôt de radical, sanguin, volcanique".

Si l'homme à la réputation sulfureuse se définissait un temps comme "avocat à la retraite", il va s'inscrire au barreau d'Alger. Il a en effet un nouveau combat à mener en tant que président de Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM), dont le lancement a lieu lundi. Une association qui a pour objectif de lutter judiciairement contre les actes islamophobes. Elle s'occupe par exemple de l'adolescent de 14 ans blessé à Trappes par un tir de flashball, à la fin juillet. "La société française se communautarise, on doit accompagner et on doit structurer la communauté musulmane", a expliqué Karim Achoui à BFMTV.

A l'aise devant les caméras

Karim Achoui a toujours été très à l'aise devant les caméras de télévision. Il avait d'ailleurs donné une conférence de presse depuis son lit d'hôpital en 2007. Il s'attaque désormais au cinéma puisqu'il interprétera son propre rôle dans l'adaptation sur grand écran de son livre L'homme à abattre. Le tournage a déjà commencé et il a donc dû jouer la scène dans laquelle il se fait tirer dessus, "peut-être aussi une forme de thérapie".

Karine Lambin avec Thomas Misrachi