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Justice: Dieudonné doit retirer deux passages d'une vidéo sur internet

Dieudonné lors d’une conférence de presse le 4 juin 2009.

Dieudonné lors d’une conférence de presse le 4 juin 2009. - -

La justice a ordonné mercredi au polémiste Dieudonné de retirer deux passages de la vidéo "2014 sera l'année de la quenelle" diffusée sur son compte YouTube.

Saisi en référé (procédure d'urgence), le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a estimé mercredi 12 février que l'un des passages de la vidéo constitue une contestation de crimes contre l'Humanité. Le TGI a par ailleurs écarté l'humour invoqué par Dieudonné.

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF), à l'origine de cette action visant à obtenir le retrait de cette vidéo, compte à présent saisir le parquet "pour que les poursuites pénales qui s'imposent soient engagées à son initiative", a déclaré l'avocat de l'association, Stéphane Lilti.

D'autre part, l'UEJF va demander à YouTube de "se rapprocher des associations pour voir dans quelles conditions ils respecteront à l'avenir leurs obligations légales".

Une vidéo potentiellement offensante ou choquante pour certains internautes

La plate-forme de vidéos en ligne signale que le contenu de cette vidéo a "été identifié par la communauté YouTube comme potentiellement offensant ou choquant".

Dans la vidéo litigieuse, Dieudonné déclarait notamment: "Je suis né en 66, donc j'étais pas né (...) moi les chambres à gaz j'y connais rien, si tu veux vraiment je peux t'organiser un rencard avec Robert", allusion à l'historien négationniste Robert Faurisson.

Rappelant le "contexte plus général des déclarations" de Dieudonné, "dont certaines lui ont valu des condamnations pour injure, diffamation et provocation à la haine antisémite", le juge Marc Bailly a estimé qu'il "ressort bien de cette formulation (...) une contestation" de crime contre l'Humanité.

Dans le deuxième passage, après avoir affirmé qu'il n'était "pas antisémite", le polémiste poursuivait en déclarant: "Je n'ai pas à choisir entre les juifs et les nazis, je suis neutre dans cette affaire, j'étais pas né en 1900 machin moi je suis né en 66 donc je sais pas ce qui s'est passé moi, qui a provoqué qui, qui a volé qui... J'ai ma petite idée, mais enfin (...)". Ce passage reprenait un extrait de son spectacle "Le Mur", interdit dans plusieurs villes françaises en raison notamment de ses passages jugés antisémites.

Tester les limites de la liberté d'expression

Dans son ordonnance, le magistrat considère que "l'humour invoqué" par la défense de Dieudonné "n'apparaît que comme le moyen de véhiculer publiquement des convictions en 'testant les limites de la liberté d'expression' - en l'espèce dépassées - et non comme le ressort d'un sketch comique et provocateur dont les excès pourraient être admis".

La décision prévoit une astreinte de 500 euros par jour de retard constaté pour chacun des passages si Dieudonné ne les retire pas dans un délai de cinq jours à compter de la signification de l'ordonnance.

A.D. avec AFP