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Joggeur blessé le 7 janvier: "Pour moi, ce n'était pas Coulibaly"

Le joggeur blessé par balles le 7 janvier 2015 en banlieue parisienne explique à BFMTV avoir observé son agresseur. Il en est convaincu: ce n'était pas Amédy Coulibaly. Son témoignage relance la piste d'un éventuel complice.

Le 7 janvier au soir, après l'attaque de Charlie Hebdo, un joggeur est blessé par des tirs d'arme à feu sur la coulée verte à Fontenay-aux-Roses, dans la banlieue parisienne. Il arrive à s'enfuir après avoir été touché à trois reprises par l'arme qu'utilisera Amédy Coulibaly. Les faits ont eu lieu la veille du meurtre d'une policière à Montrouge et deux jours avant la sanglante prise d'otages de l'Hypercacher.

Aujourd'hui, à 33 ans, Romain est lourdement handicapé. Lors d'un entretien exclusif accordé à BFMTV, il explique ce lundi que l'homme qui l'a attaqué n'était pas noir, et ne pouvait donc pas être Amédy Coulibaly, le tueur de l'Hypercacher. Pourtant, le terroriste habitait à quelques centaines de mètres du parc où a eu lieu l'agression du joggeur qui affirmait déjà au mois de mai avoir reconnu un autre homme. Pourrait-il s'agir d'un complice de Coulibaly? La question reste posée. 

"Je regarde son visage"

"Je ne sais pas trop ce qui se passe au début", se remémore le jeune homme, "j'ai l'impression qu'un feu d'artifice me tombe dessus parce que j'ai senti une odeur de poudre". Tout de suite après, il entend des pas se rapprocher de lui. "Je vois quelqu'un qui arrive à un mètre de moi et qui me braque (...) je regarde le pistolet en premier, et ensuite je regarde son visage, ses yeux", raconte-t-il.

A l'époque des faits, la victime a le réflexe de s'enfuir mais il a bien observé son agresseur. Romain décrit un homme d'"1m75 - 1m80", "massif" à la couleur de peau "claire". Selon lui, il ne s'agissait pas d'un homme noir.

"Pour moi, ce n'était pas Amédy Coulibaly qui m'a tiré dessus", affirme-t-il.

Pourtant, l'homme qui a fait feu sur Romain aurait utilisé la même arme que celle utilisée dans l'Hypercacher de la Porte de Vincennes, lors de l'attaque qui a fait quatre morts le 9 janvier 2015.

Près d'un an après les attentats, Romain redoute que le tireur qui l'a attaqué ne soit pas mort. "Je ne sais même pas pourquoi on m'a fait ça", explique-t-il. Dans le contexte d'une attaque aussi marquante que celle de Charlie Hebdo, "c'est facile d'oublier un petit joggeur qui se fait tirer dessus, je me sens un peu oublié", confesse-t-il.

A. D. avec Ikram Kchikech et Sarah-Lou Cohen