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"Jihad, je suis une bombe": la mère invoque une maladresse

Le t-shirt porté par le petit Jihad

Le t-shirt porté par le petit Jihad - -

La mère a réfuté mercredi toute "provocation": en septembre, son fils Jihad avait porté à l'école un t-shirt avec les inscriptions "Je suis une bombe" et "Jihad, né le 11 septembre". L'affaire a été mise en délibérée au 10 avril.

L’affaire Jihad a été mise en délibéré au 10 avril. La mère de famille et son frère ont rejeté toute "provocation" et invoqué la "maladresse" mercredi devant le tribunal correctionnel d’Avignon.

Ils comparaissaient pour "apologie de crime" après que, en septembre 2012, l'enfant de trois ans se soit rendu à l'école vêtu d’un tee-shirt proclamant "Je suis une bombe" et "Jihad, né le 11 septembre".

Souriante et détendue, Bouchra Bagour, la mère, a expliqué avoir habillé son son fils avec ce t-shirt "pour lui faire plaisir".

"Mon frère venait de le lui offrir, je le lui ai fait porter, je n’ai pas réfléchi. Pour moi, c’est son prénom et sa date de naissance", s’est défendue la jeune femme aux longs cheveux noirs.

"On n'a jamais cherché à revendiquer la chose"

Son frère, Zeyad Bagour a lui-aussi réfuté toute intention provocatrice en achetant le vêtement et en choisissant d’y floquer les inscriptions "Je suis une bombe" sur la poitrine et "Jihad, né le 11 septembre" au dos. "On n’a jamais cherché à revendiquer la chose et défendre une cause", a-t-il exposé.

Les explications n’ont pas convaincu le vice-procureur Olivier Couvignon qui a regretté l’absence de "regrets" et dénoncé "la banalisation de l’acte terroriste et l’instrumentalisation d’un enfant".

"Qui aujourd’hui peut prétendre que ce n’est pas une allusion directe et scandaleuse au terrorisme" d’accoler "ces propos explicitement ancrés dans l’évocation décomplexée du terrorisme", a-t-il demandé.

Il a requis la condamnation des deux prévenus en distinguant la responsabilité du frère, à l’initiative de l’achat du vêtement, de celle de sa soeur, soumettant la peine à l’appréciation du tribunal. Les deux prévenus encourent cinq ans de prison et une amende de 45.000 euros.