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"Je me suis fait enfumer": comment Benoît Hamon a permis à Alexandre Benalla d'obtenir un badge d'accès à l'Assemblée

Alexandre Benalla sortant de détention provisoire le 26 février 2019.

Alexandre Benalla sortant de détention provisoire le 26 février 2019. - Jacques Demarthon - AFP

Ne travaillant plus pour le Parti socialiste, Alexandre Benalla aurait toutefois obtenu que le parti politique lui attribue un badge pour qu'il puisse pénétrer à l'Assemblée nationale.

A chaque saison sa nouvelle série de découvertes sur Alexandre Benalla. Avant d'entrer au service d'Emmanuel Macron, le garde du corps a travaillé au sein du Parti socialiste, d'environ 2010 à 2014, notamment pour Martine Aubry, François Hollande et Arnaud Montebourg.

Franceinfo révèle ce vendredi qu'Alexandre Benalla aurait profité de ces relations pour réclamer des accès à l'Assemblée nationale, alors même qu'il ne travaillait plus pour le parti.

Des badges d'accès à l'Assemblée

En octobre 2014, Alexandre Benalla demande à Benoît Hamon un badge qui lui permettrait d'accéder à la salle de sport de l'Assemblée: "Dans ma tête, je fais un badge à un gars du service d'ordre du PS qui veut aller à la salle de sport. Point barre", explique le leader de Génération.s à FranceInfo. 

Or à cette période là, Alexandre Benalla ne travaillait plus pour le parti, mais venait de prendre un poste dans une société privée de sécurité. "Je me suis fait enfumer", lance Benoît Hamon.

Selon l'Assemblée nationale, ce badge a expiré en juin 2015, et donnait accès au bureau de Benoît Hamon et à la bibliothèque de l'Assemblée. L'ancienne élue de la Somme Pascale Boistard déclare également lui avoir fourni un "badge de collaborateur bénévole" en 2013, pour qu'il puisse se rendre à la salle de sport et à la bibliothèque. 

Des exagérations sur son CV

Il semble en fait qu'Alexandre Benalla cherchait à graviter autour du Palais Bourbon pour s'y faire embaucher. Dans son CV, consulté par FranceInfo, il mentionne un travail de quatre ans à l'Assemblée nationale comme "assistant parlementaire sécurité", au service du groupe PS et de la commission des lois.

Jean-Jacques Urvoas, proche de l'ancien président de la commission, déclare qu'il "a peut-être rédigé une note ou deux, sur la sécurité privée. Mais il a été éconduit".

Son CV avait déjà été pointé du doigt pour certaines exagérations. Il y déclarait par exemple avoir été en charge de l'organisation de la sécurité dans des meetings du Parti socialiste, alors qu'Eric Plumer, ancien responsable de la sécurité au PS, cite un "rôle plus subalterne".

Un passeport, un badge et un téléphone

Toujours grâce à son passif au Parti socialiste, Alexandre Benalla réussit à entrer en 2016 au service de Jean-Marc Mormeck, délégué interministériel pour l'éEgalité des chances des Français d'outre-mer. Désigné chef de cabinet, alors que ce statut n'existe pas dans la délégation, il aurait rédigé sa propre lettre de mission afin d'encadrer son poste, selon FranceInfo.

Sous des prétextes un peu grossiers, Alexandre Benalla réclamera des passeports de service, pour mieux circuler aux frontières - alors qu'aucun autre membre de la délégation n'en a - ainsi qu'un badge professionnel auprès de Matignon, alors qu'il n'est que rarement accordé aux salariés de la délégation.

Aujourd'hui, Alexandre Benalla assure avoir égaré son passeport, mais n'a jamais rendu son badge, ni son portable professionnel, malgré plusieurs relances et un courrier recommandé, d'après les informations de FranceInfo. Sa ligne de téléphone sera finalement coupée en juin 2017, alors qu'il rejoint l'équipe d'Emmanuel Macron.

Contacté par FranceInfo, Alexandre Benalla n'a pas souhaité s'exprimer sur ces différents sujets.

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Benoît Hamon

Salomé Vincendon