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Jawad Bendaoud: "Je pensais être condamné"

DOCUMENT BFMTV. Relaxé par le tribunal correctionnel de Paris le 14 février des faits de recel de malfaiteurs terroristes, Jawad Bendaoud a accordé une interview exclusive à BFMTV. Celui qui comparaissait pour avoir logé deux terroristes dans un appartement de Saint-Denis la nuit du 17 novembre 2015 raconte son "soulagement" à l’annonce du verdict, bien qu'il reste dans l'attente d'un procès en appel.

Trois semaines après sa sortie de la prison de Fresnes, Jawad Bendaoud a recouvré la liberté. En détention provisoire depuis novembre 2015 pour avoir hébergé deux terroristes impliqués dans les attentats de Paris et Saint-Denis, le jeune homme de 31 ans s’est retiré loin de sa ville d’origine pour "s’installer au calme", raconte-t-il au micro de BFMTV*.

Relaxé par le tribunal correctionnel de Paris des faits de recel de malfaiteurs terroristes le 14 février dernier, celui qui s'est fait appeler le "logeur de Daesh" explique avoir "ressenti un soulagement, un effet de surprise" à l’annonce du verdict.

"Je pensais être condamné. Parce qu’il y a l’opinion publique. Les juges, comme a dit mon avocat, ont fait preuve de courage", estime-t-il, avant de préciser qu’il "pensait être condamné à 80%".

"Je serai toujours associé à cette histoire"

Celui qui a toujours clamé son innocence poursuit en expliquant qu’il n’était "pas préparé à sortir de prison" après "avoir passé 27 mois à l’isolement". "Ça a été un choc. […] On était heureux", se rappelle-t-il. Désormais, il "préfère rester au calme". "Je n’ai pas envie de me mélanger à la foule", confie-t-il.

Malgré sa sortie de prison, Jawad Bendaoud reste hanté par les derniers mois de sa vie. "L’affaire, elle est toujours là", témoigne-t-il. Et d’ajouter: "Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, je serai toujours associé à cette histoire. On dira toujours: ‘c’est le logeur’".

"Il y a des traumatismes qui n'ont pas encore été soignés"

Aujourd'hui, Jawad Bendaoud "ne veut pas être à Saint-Denis". Il explique se sentir "responsable, un peu, de ce qui s’est passé pour les habitants de Saint-Denis, parce qu’il y a quand même des gens qui ont été traumatisés".

"J’ai entendu des témoignages, des choses qui m’ont touché. Aller là-bas, me montrer, que les gens me voient, que je suis libre, alors qu'eux-mêmes n'ont pas encore fini de soigner leur traumatisme... Je ne pourrais pas croiser les gens. Même si je n’ai rien à voir dans cette histoire. Je n’étais pas au courant que c’était des terroristes. Je n'ai rien à me reprocher. Je pourrais très bien y aller et dire 'Je n’ai rien à voir, j’ai été jugé, on m’a relaxé’. Mais il y a des traumatismes qui n’ont pas encore été soignés. J’en suis responsable, même si je ne connaissais pas l’identité des individus que j’ai hébergés", conclut-il.

Après un procès hors-norme qui aura duré trois semaines, le parquet a fait appel de la relaxe de Jawad Bendaoud. "Ne partageant pas l'analyse du tribunal, le parquet a interjeté appel de la décision prononcée ce jour par la 16ème chambre" du tribunal, avait-t-il annoncé.

*L'interview est à découvrir à partir de 21 heures sur BFMTV et à 22 heures dans son intégralité.

P.L