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INFOGRAPHIE. Revenus, consommation, emplois... Les chiffres du trafic de drogues en France

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INFOGRAPHIE. Revenus, consommation, emplois... Les chiffres du trafic de drogues en France - BFMTV

La lutte contre le trafic de stupéfiants est l'une des priorités du ministère de l'Intérieur et du président de la République. Mais que représente vraiment cette activité illicite en France? BFMTV.com fait le point.

La mort d'un policier à Avignon la semaine dernière lors d'une opération liée à un trafic de drogue a remis la question des stupéfiants au centre de l'actualité. S'il est évidemment difficile d'obtenir des chiffres précis lorsqu'on évoque des revenus générés par une activité illicite, l'Insee intègre depuis plusieurs années le trafic de drogue au calcul du PIB français en se basant notamment sur les données de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Régulièrement, l'OFDT évalue le nombre de personnes qui consomment des produits stupéfiants en France. Une fois ce chiffre défini, il suffit de déterminer la consommation totale des Français en fonction du prix des produits qu'ils consomment afin de parvenir à une estimation globale pour l'ensemble du pays.

0,1% du PIB français selon l'Insee

Pour l'année 2014, l'Insee avait ainsi estimé que la consommation de drogue en France représentait 3,1 milliards d'euros, soit 0,1% du PIB. Plus récemment, le journaliste Frédéric Ploquin, auteur du livre Les narcos français brisent l'omerta, assurait lui que "le marché du trafic de stupéfiants en France" valait 4 milliards d'euros.

Près de 4000 points de deals en France

En décembre 2020, le ministère de l'Intérieur avançait lui un chiffre très précis: celui de 3952 points de deals, des "lieux de vente de produits stupéfiants installés sur la voie publique où la présence des dealers est quotidienne". Le démantèlement de ces points de deals est censé être l'un des objectifs prioritaires du gouvernement.

En mars 2021, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin assurait au Parisien que "450" points avaient déjà été démantelés, promettant "d'accélérer la cadence". Un mois plus tard, le 18 avril, le président Emmanuel Macron évoquait dans Le Figaro "plus de 1000 opérations coup-de-poing ces dernières semaines (...) sur les 4000 points de deal répertoriés récemment. (...) Et chaque jour, nous fermons un point de deal". Début mai, l'AFP avançait quant à elle le chiffre de "1742 opérations de démantèlement" effectuées.

Cela ne signifie pas que ces points ont définitivement disparu. Ils peuvent très bien s'être déplacés et reformés un peu plus loin. Pour Yann Bisiou, président de l'association L630, spécialisée dans le droit des drogues, les comptes ne sont pas bons:

"Il suffit de faire une division, si on ferme un point de deal par jour sur les 4000 recensés en 2021, il faudrait 11 ans."

Les saisies de drogues en hausse continue depuis les années 1980

Si l'on se fie aux données compilées par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, les saisies de drogue sont environ cinq fois plus importantes aujourd'hui qu'au début des années 1980. Ce constat vaut particulièrement pour le cannabis, la cocaïne et l'héroïne.

D'après l'OFDT, la consommation en France a également augmenté, mais pas à un tel rythme. On observe une hausse assez nette de l’usage actuel de cannabis (au moins un usage au cours de l’année) depuis 1992. Parmi les 18-64 ans, le niveau de consommation est passé de 4,4% à 11% en 25 années. (...) Depuis 2014, la tendance est de nouveau plutôt à la stabilité.

L'OFDT ne dispose pas de données similaires en population adulte concernant les autres drogues. Elle constate en revanche que la consommation de cocaïne, d'ecstasy et d'amphétamines a fortement augmenté chez les jeunes de 17 ans, même si leur consommation reste extrêmement rare. En 2000, 0,9% de cette population avait déjà consommé au moins une fois de la cocaïne, 2,1% de l'ecstasy et 1% des amphétamines. En 2014, la prévalence est désormais respectivement de 3,2% pour la cocaïne, 3,8% pour l'ecstasy et 2,8% pour les amphétamines.

L'OFDT précise également que certaines drogues présentent "un profil d’évolutions globalement stables tout au long de la période (des années 1990 aux années 2010) avec des niveaux très bas, proches de 1%" comme le LSD, l'héroïne et le crack.

LT avec AFP