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Incendie de la cathédrale de Nantes: un homme placé en garde vue

Âgé de 39 ans, l'homme est un bénévole du diocèse qui était chargé, la veille de l'incendie, de fermer la cathédrale à clé. Le procureur précise cependant que "toute conclusion serait prématurée".

L'enquête autour de l'incendie de la cathédrale de Nantes progresse. Un homme âgé de 39 ans est en garde à vue depuis samedi après-midi dans les locaux de la police judiciaire nantaise. Il s'agit d'un bénévole du diocèse qui était chargé, la veille de l'incendie, de fermer la cathédrale à clé.

Il s'agit par ailleurs d'un homme d'origine étrangère, un migrant, qui voulait régulariser sa situation. Les enquêteurs l'ont placé en garde à vue pour vérifier "des contradictions dans son emploi du temps".

Le procureur a bien insisté auprès de BFMTV sur le fait qu'à "ce stade, il s'agit de vérifications". "Rien ne permet de l'impliquer dans la commission de l'incendie, toute conclusion serait prématurée", a-t-il précisé.

Beaucoup de gravats

L’enquête se poursuit donc sur le plan scientifique et judiciaire. Les images des vidéos de caméras de surveillance sont en train d'être visionnées. Plusieurs techniciens et experts en incendie sont sur place. Ils ont commencé à explorer l'intérieur de la cathédrale et surtout les installations électriques.

Il y a beaucoup de gravats, ce qui rend le travail compliqué. Les deux foyers les plus petits ont été analysés: ils étaient à proximité d'installations électriques. Le point de départ de feu autour du grand orgue (lui aussi electrifié), lui, n'a en revanche pas encore été identifié: il demeurait encore des sources de chaleur samedi soir. Cette étape doit commencer aujourd’hui.

À ce stade, aucun combustible évident n'a été trouvé. Un bidon d'essence, par exemple. Pour cela, il faut fouiller et déblayer les gravats, puis procéder à des prélévements au laboratoire, qui fera des analyses.

"Tout était en ordre hier soir"

Tout cela contribue à expliquer que 24 heures après le début de l’incendie, la piste criminelle, si elle est toujours envisagée, ne semble plus privilégiée et la piste accidentelle est fortement étudiée. Plusieurs facteurs l'expliquent. D’abord, comme nous l'expliquions plus haut, aucun élément probant d’un acte criminel n'a été retrouvé sur place.

Ensuite, il n'y a pas de trace d’effraction non plus au niveau des accès extérieurs, ce que le procureur a confirmé. Le bâtiment est fermé à clé chaque soir selon une procédure très stricte.

D’ailleurs le recteur de la cathédrale l’expliquait hier, "tous les soirs après la fermeture, nous inspectons la cathédrale pour vérifier qu'il n'y a pas eu d'intrusion". Or, "tout était en ordre hier soir", a-t-il ajouté.

Il y a enfin la question des départs de feu, vue plus haut. Au moins deux des trois points étaient donc alimentés en électricité. Y'a-t-il eu une défaillance électrique à leur niveau? C’est l'une des pistes envisagées, même si tout le système avait été vérifié début 2020. Aucun défaut n’avait été relevé.

Les autorités attendent désormais de connaître les conclusions de l’expert en incendie de la police scientifique venue de Paris. Sa mission sera d'examiner les départs de feu et l’installation électrique de la cathédrale. Son rapport sera essentiel pour déterminer si l'on est face à un acte criminel ou à un accident.

Par Mélanie Bertrand avec Jules Pecnard