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Hauts-de-Seine: le sénateur socialiste Philippe Kaltenbach jugé pour corruption

Le sénateur socialiste des Hauts-de-Seine et ancien maire de Clamart Philippe Kaltenbach doit répondre vendredi de "corruption passive" devant le tribunal correctionnel de Nanterre.

Le sénateur socialiste des Hauts-de-Seine et ancien maire de Clamart Philippe Kaltenbach doit répondre vendredi de "corruption passive" devant le tribunal correctionnel de Nanterre. - Jean Ayissi - AFP

L'ancien maire PS de Clamart et son ex-adjoint sont jugés ce vendredi car ils sont respectivement soupçonnés de corruption "passive" et "active" sur fond d'attribution d'un logement social dans leur ville.

Corruption, ou manipulation politique? Le sénateur socialiste des Hauts-de-Seine et ancien maire de Clamart Philippe Kaltenbach doit répondre vendredi de "corruption passive" devant le tribunal correctionnel de Nanterre, sur fond d'attribution d'un logement social dans sa ville. Sur le banc des prévenus, il retrouvera son ancien adjoint à la sécurité, Mohamed Abdelouahed, poursuivi pour corruption active.

Dix ans de prison et 150.000 euros encourus

Les deux hommes encourent une peine de dix ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende. Les soupçons contre l'élu socialiste avaient été portés à la connaissance du parquet de Nanterre par un signalement d'un adversaire politique, Philippe Pemezec, maire Les Républicains (ex-UMP) du Plessis-Robinson, commune limitrophe de Clamart, dans l'ouest parisien. Une enquête préliminaire avait donc été ouverte dès le printemps 2011.

Mais c'est surtout après la diffusion sur internet en janvier 2012 de deux vidéos, réalisées à l'insu de l'élu socialiste par Mohamed Abdelouahed, que l'affaire avait véritablement éclaté.

Dans une séquence, on voit Philippe Kaltenbach recevoir, dans son bureau, 1.000 euros en liquide de Mohamed Abdelouahed. Pendant la remise de fonds, les deux hommes discutent de ce qui semble être l'attribution d'un logement à un tiers. 

"Une manipulation politique", balaie la défense de l'élu PS, assurée par Me Dominique Tricaud, qui affirme que "la démonstration d'un complot organisé est de plus en plus établie".

Kaltenbach, certain de son "innocence"

Philippe Kaltenbach avait initialement été placé sous le simple statut de "témoin assisté" par les juges d'instruction en février 2013, avant d'être formellement mis en examen pour corruption six mois plus tard et finalement renvoyé devant le tribunal correctionnel.

"Il a la certitude de démontrer son innocence; il est soulagé que ce soit enfin jugé, parce qu'il traîne ça comme un boulet", fait valoir son avocat. Son ex-adjoint devra lui s'expliquer de "corruption active", une qualification que son avocat Tewfik Bouzenoune assimile à "une démarche constructive pour démontrer qu'il existait à Clamart des procédures arbitraires d'attribution des logements sociaux".

"Mohamed Abdelouahed a concouru à l'identification des auteurs de corruption. Or, c'est la définition exacte du 'repenti', pour lequel la loi prévoit que sa peine soit atténuée ou dispensée", poursuit le conseil.

"Il a dénoncé cette situation de corruption en enregistrant une vidéo et en la communiquant au pire ennemi de Philippe Kaltenbach, Philippe Pemezec, c'est donc lui qui a alimenté le dossier."

Les prévenus seront présents à l'audience

Le sénateur PS a toujours estimé que Philippe Pemezec était en réalité le commanditaire des vidéos litigieuses, ce dont s'est toujours défendu le maire du Plessis-Robinson. Philippe Kaltenbach n'a par ailleurs cessé d'affirmer que la scène de la vidéo correspondait à un remboursement de prêt consenti à son ex-adjoint qui connaissait des difficultés financières, ce que ce dernier dément.

Les deux prévenus ont annoncé leur présence à l'audience, programmée sur cette seule journée de vendredi.

Jé. M. avec AFP