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Grenoble: une oeuvre de street art, jugée anti-police, suscite la polémique

La fresque est exposée dans les rues de Grenoble dans le cadre d'un festival de street art.

La fresque est exposée dans les rues de Grenoble dans le cadre d'un festival de street art. - Capture d'écran Twitter

Une fresque représentant deux policiers matraquant une Marianne à terre, exposée à Grenoble dans le cadre d'un festival de street art, a soulevé une vive polémique.

L'oeuvre n'est pas au goût de tous. Une fresque peinte sur un mur de Grenoble, représentant une Marianne matraquée par deux policiers, a fait naître une vive polémique dimanche, d'autant plus vive que l'oeuvre a été réalisée dans le cadre d'un festival de street art subventionné par la mairie écologiste de la ville.

"Fresque inacceptable dans le contexte"

L'oeuvre, due à l'artiste Goin, représente une femme à terre, tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché, frappée par deux policiers anti-émeute. "Je trouve ceci indigne", a réagi le directeur départemental de la sécurité publique, Patrick Mairesse, cité par le quotidien régional Le Dauphine Libéré.

"Quand la collectivité locale finance, sur l'argent des contribuables grenoblois, une fresque réalisée dans le cadre d'un festival subventionné à hauteur de 25.000 euros, à la vue de tous, dans l'espace public, elle est responsable des messages passés. Par respect pour ceux qui nous protègent, il faut effacer immédiatement cette fresque inacceptable dans le contexte", a souligné l'ancienne ministre socialiste Geneviève Fioraso, qui appartient à l'opposition à la municipalité menée par Eric Piolle (EELV).

Dans un tweet, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a affiché son "plein soutien aux policiers qui protègent chaque jour les Grenoblois" et a estimé que ces derniers attendaient du maire "qu'il leur dise ses regrets".

Le président du conseil départemental de l'Isère, Jean-Pierre Barbier, a quant à lui dénoncé une "fresque honteuse".

Le maire de Grenoble se défend

"Nous, en tant que politiques, on s'interdit de vouloir gérer la création artistique", a-t-on répliqué au cabinet du maire, où on relève le "grand succès" du Grenoble Street Art Fest.

"On comprend la réaction de la police et d'autres, mais ça reste une oeuvre d'art et l'art peut être subversif", fait-on valoir. "L'art a vocation à créer du débat, voire de la polémique", a-t-on ajouté, avant que le ministre eut fait connaître ses demandes.

Plus tard, Eric Piolle, maire de Grenoble, s'est exprimé directement sur le sujet. L'édile ne "comprend pas la polémique", confie-t-il à France 3. S'il rappelle son soutien aux policiers, il ne se prive pas non plus de répondre à Bernard Cazeneuve: "Si Bernard Cazeneuve estime qu’il n’y a plus de liberté d’expression, il lui reste à communiquer aux artistes le périmètre dans lequel ils ont le droit de s’exprimer ou pas", lance-t-il. "Dans cette période de trouble, il ne faut pas oublier quels sont nos fondamentaux."

Le responsable a précisé que la fresque contestée avait été réalisée sur un mur du quartier de la gare qui doit être détruit "dans les jours ou les semaines qui viennent" dans le cadre de travaux programmés.

A.S. avec AFP