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Fusillade à Roye: quatre morts, dont un gendarme

De violents échanges de coups de feu ont eu lieu, ce mardi, dans un camp de gens du voyage. Un homme, une femme, un bébé et un gendarme ont été tués. "Une affaire absolument dramatique", a jugé Bernard Cazeneuve. Sur place, la tension est extrême.

Un différend dans un camp de gens du voyage a tourné à la tragédie, mardi sur la commune de Roye, non loin d'Amiens, dans la Somme. Un homme armé a commis un carnage mardi dans un camp de nomades, tuant à coups de fusil quatre personnes, trois membres d'une même famille, dont une jeune femme de 19 ans et son bébé de 9 mois, et un gendarme, et blessant grièvement deux autres personnes. 

Cazeneuve s'est rendu au chevet des blessés

Arrivé peu avant 22 heures mardi soir au centre hospitalier universitaire d'Amiens, le ministre de l'Intérieur a rencontré les blessés et les familles des victimes de la fusillade. Le ministre s'est incliné devant la dépouille du gendarme de 44 ans tué par le forcené avant de se rendre au chevet du gendarme de 26 ans blessé dans l'échange de tirs.

"C'est une affaire absolument dramatique et qui suscite dans la Somme, en France et au ministère de l'Intérieur une considérable émotion", a déclaré le ministre.

Grièvement blessé, l'enfant de trois ans est sorti du bloc opératoire et était hors de danger, le gendarme plus légèrement blessé qu'initialement envisagé devait pour sa part sortir de l'hôpital dans la nuit, selon une source proche du dossier.

L'enfant de trois ans est désormais hors de danger

Le forcené, qui n'appartient pas à la communauté des gens du voyage mais vivait dans le camp depuis quelques années et avait adopté leur mode de vie nomade, était toujours en observation. Agé de 72 ans, il n’a pas d’antécédents judiciaires et est inconnu de la police et de la justice. Le mobile du conflit reste pour l’heure inconnu, mais il semblerait qu’un différend existait depuis plusieurs mois entre l’auteur des coups de feu et l’homme qui a été abattu.

Les faits se seraient déroulés en milieu d'après-midi. Selon des premiers éléments, une violente querelle aurait éclaté au sein du camp de gens du voyage, situé tout près de l'autoroute A1. Un homme, peut-être sous l'emprise de la boisson, a ouvert le feu, alors que des gendarmes, alertés, s'étaient rendus sur les lieux.

La jeune femme, son bébé, et son deuxième enfant, âgé de 3 ans et gravement blessé, se trouvaient dans une caravane lorsque le tireur a fait feu. L'enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Picardie, doit déterminer si l'homme décédé s'y trouvait également, a précisé le magistrat, qui tiendra une conférence de presse à 16h30 ce mercredi.

Hollande et Valls expriment leur émotion

Mardi, François Hollande et Manuel Valls ont exprimé leur émotion à la suite de cette tuerie.

"Le Président de la République tient à saluer le courage et l'engagement des forces de la gendarmerie et leur apporte tout son soutien dans cette épreuve", a réagi l'Elysée dans un communiqué. "Le Chef de l'Etat fait part de toute sa solidarité aux familles des victimes et à leurs proches", conclut la présidence.

"Mes pensées vont aux familles, aux victimes et au gendarme abattu en servant la France", a déclaré Manuel Valls sur Twitter.

Une extrême tension

La situation sur place était extrêmement tendue mardi, des gens du voyage exigeant de pouvoir rentrer dans le camp dont les forces de l'ordre, venus avec des chiens, leur interdisaient l'accès. Une voiture a même tenté de forcer un barrage, selon un adjoint au maire de Roye, une commune située en milieu rural, à proximité de l'autoroute A1 Paris-Lille. Des gens du voyage ne résidant pas le camp ont accouru sur place après les coups de feu, ce qui a fait monter la tension.

La communauté locale des gens du voyage devait être reçue sur place par le procureur de la République. En attendant, la tension était extrême. Tout le secteur a été bouclé et les journalistes tenus à l'extérieur d'un périmètre. Des journalistes de télévision, notamment, ont été pris à partie et menacé par des gens du voyage. Deux confrères de RTL et Europe 1 ont notamment été la cible de coups.

"Consternation et tristesse" 

Elue de la Somme, la ministre Pascale Boistard a exprimé dans un tweet "consternation et tristesse devant ce crime". "Tous mes voeux de rétablissement aux blessés, soutien à nos gendarmes", a-t-elle ajouté.

La dernière flambée de violences dans un camp de gens du voyage s'était produite en 2010 à Saint-Aignan, dans le le Loir-et-Cher, avec la mort d'un gitan tué par un gendarme lors d'un contrôle de gendarmerie auquel le gitan avait tenté de se soustraire.

Le surlendemain, quelques dizaines d'hommes de la communauté des gitans sédentarisés s'en étaient pris à la gendarmerie et à la commune de Saint-Aignan.

Jé. M. avec Dominique Rizet et l'AFP