BFMTV

Femme tuée par des chiens: un commandant de gendarmerie était présent lors de la chasse à courre

Image d'illustration d'une chasse à courre

Image d'illustration d'une chasse à courre - Lionel Bonaventure - AFP

L'enquête concernant la mort de la jeune femme a été confiée à la section de recherches d'Amiens, car la meute de chiens de la chasse à courre pourrait être responsable du décès de la victime.

Une information judiciaire contre X a été ouverte après la mort d'Élisa Pilarski, une femme enceinte de 29 ans, tuée par des chiens samedi dans l'Aisne, alors qu'elle se promenait dans une forêt où se tenait une chasse à courre. Elle-même se baladait avec l'un de ses cinq chiens. Les investigations ont été confiées à la section de recherches d'Amiens (Somme).

Objectif: éviter toute collusion, indique une source proche du dossier à BFMTV. Car le commandant du groupement de gendarmerie de l'Aisne était présent lors de la chasse à courre. Le procureur de la République de Soissons, Frédéric Trinh, a confirmé à franceinfo la "présence" de ce lieutenant-colonel parmi les chasseurs.

Le magistrat a assuré à nos confrères en avoir été "immédiatement informé". Cela "a justifié que je confie le traitement de la procédure à un service qui n'est pas placé sous son autorité, à savoir la section de recherche d'Amiens", a-t-il précisé.

La présence du lieutenant-colonel lors de cette chasse à courre ne gêne absolument pas l'enquête", compte tenu de la mesure prise "en lien avec le procureur", affirme par ailleurs la gendarmerie nationale à franceinfo.

Des prélèvements sur 67 chiens

Une enquête qui s'annonce longue. Des prélèvements ont été effectués sur 67 chiens, cinq appartenant à la victime, les autres à l'association organisatrice de la chjasse, a indiqué le parquet de Soissons mercredi. Les enquêteurs travaillent actuellement sur trois hypothèses: une attaque par le chien de la victime, par des chiens errants, ou par la meute de chiens de chasse à courre. 

Le compagnon de la jeune femme morte a témoigné sur BFMTV, racontant que sa femme lui avait écrit dans l'après-midi, expliquant "qu’elle était inquiète et qu’il y avait beaucoup de chiens".

Dans un communiqué publié mardi, la Société de Vénerie, qui regroupe les chasseurs à courre français, a rappelé "qu’en l’état actuel de l’enquête, rien ne démontre l’implication des chiens de chasse dans le décès de cette femme". Elle a indiqué que que ses chiens "sont dressés pour chasser uniquement un animal sauvage et obéir en toute circonstance à l’Homme" et ne sont "en aucun cas (...) agressifs vis-à-vis des humains".
Salomé Vincendon avec Sarah-Lou Cohen