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Explosion d'une enveloppe piégée au 66 avenue d'Iéna

L'assistante du chef du bureau européen a été blessée aux mains et au visage, lors de l'ouverture du colis. Une enquête a été ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris.

INFO BFMTV - Une explosion consécutive à l'ouverture d'une enveloppe piégée a fait un blessé au 66 avenue d'Iéna, dans le 16e arrondissement de Paris, l'adresse du siège européen du Fonds monétaire international (FMI). La structure du bâtiment n'est, selon nos informations, pas endommagée. La police scientifique est sur place.

La victime est une assistante de direction qui a été brûlée aux mains et au visage. Elle a ouvert le pli adressé au chef du bureau européen du FMI qui avait été reçu peu avant midi. L'engin explosif est "un gros cylindre noir d'environ 30 cm", selon des sources policières à BFMTV. L'explosion a atteint le plafond de la pièce.

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance pour tentative d'assassinat, association de malfaiteurs, destruction par moyen explosif, détention et transport de moyen explosif, tous en relation avec une entreprise terroriste. Cette enquête est confiée à la Sous-direction antiterroriste (SDAT) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). En milieu d'après-midi, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a informé de l'ouverture "d'une enquête sous l'autorité du procureur général (François) Molins". Le but est de "déterminer la provenance de l'enveloppe et la nature de ce qui a été trouvé à l'intérieur", a-t-il ajouté.

La victime légèrement blessée selon le préfet de police

Selon le préfet de police de Paris, Michel Cadot, "le colis a été envoyé par La Poste". Il s'agit d'un "engin pyrotechnique, d'un gros pétard". "Ce n'est pas une bombe, mais quelque chose d'artisanal", a indiqué le préfet. La victime "blessée au visage par des éclats" souffre d'un "blast au tympan". "Ce sont des blessures légères", a précisé le préfet.

Un camion de pompiers et un car de police sont sur place. L'accès à l'avenue d'Iéna est barré depuis la place de l'Etoile. Quelque 150 personnes ont été évacuées du bâtiment. Un communiqué de la Banque mondiale qui héberge l'antenne française du FMI a confirmé cette évacuation.

Hollande évoque "un attentat" et justifie l'état d'urgence

"C'est un attentat, il n'y a pas d'autre mot", a réagi François Hollande en déplacement au mont Faron, près de Toulon. "Nous devons rechercher toutes les causes et trouver les coupables. Nous le ferons avec obstination, persévérance et jusqu'au bout", a ajouté le président de la République.

Et plus tard à son arrivée pour un déplacement en Corrèze: "Tout cela me conduit à justifier l'état d'urgence." "J'ai annoncé, et le Parlement a bien voulu suivre la position qui était la mienne et celle du gouvernement, que l'état d'urgence durerait jusqu'au 15 juillet, il durera jusqu'au 15 juillet", a déclaré le chef de l'Etat.

Christine Lagarde, la directrice du FMI, a également condamné cet "acte de violence" commis contre l'organisation. 

"J'ai été informée de l'explosion au bureau du FMI à Paris qui a blessé l'une de nos employées. J'ai été en contact avec le bureau et ma compassion va à nos collègues là-bas. Je condamne cet acte de violence lâche et réaffirme la résolution du FMI à poursuivre son travail pour assurer son mandat", a indiqué Christine Lagarde.

Vers 14h30 jeudi, l'incident était terminé selon notre journaliste sur place. Les employés ont été autorisés à réintégrer leurs bureaux. De même, l'avenue était rouverte à la circulation.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a annoncé qu'il écourtait sa visite dans la Somme, à la suite de ce colis piégé au FMI et de la fusillade intervenue dans un lycée de Grasse. 

David Namias avec Cécile Ollivier